Coup de coeur pour Mara

J’introduis aujourd’hui la catégorie « coup de coeur », pour vous présenter le travail de gens que j’apprécie. Pas forcément de lien avec l’écriture ou l’édition, donc.

Je vais vous parler aujourd’hui de Mara. Mara, c’est une fille que j’ai rencontrée il y a quelques années sur le site Deviant Art. Je ne sais plus comment je l’ai découverte, mais j’ai immédiatement accroché à son style de dessin, très BD (et pas du tout manga). Je me suis attachée à son personnage Emily, qui me faisait penser à Ludméa, et dont Mara rendait admirablement les expressions. A l’époque, Mara travaillait sur un projet de BD, Clues.

Ce projet a été accepté par un éditeur, et Mara a sorti sa première BD lundi 6 juin : Clues, sur les traces du passé. Pendant plusieurs mois, elle a présenté ses planches et ses recherches sur son blog, que j’ai suivi avec beaucoup d’intérêt (mais sans trop regarder les planches, pour ménager le suspense !). Comme moi, Mara vit en Suisse (et tout près de chez moi, en plus). Jeudi dernier, je suis allée à la FNAC pour acheter Clues et me le faire dédicacer, et j’ai enfin rencontré Mara « en vrai » :) J’ai même une photo avec elle, mais je ne vous la montrerai pas, parce que j’ai vraiment une sale tête dessus ^^

Aussitôt rentrée chez moi, j’ai commencé Clues. Une petite particularité de cette bande dessinée, qui mérite d’être soulignée : Mara est scénariste, dessinatrice et coloriste, ce qui n’est pas forcément courant. Dire que j’ai dévoré cette BD serait un euphémisme. Moi qui n’aime pas les BD (désolée…), j’ai complètement accroché à Clues. Il faut dire que j’étais déjà attachée aux personnages d’Emily et de l’inspecteur Hawkins alors que la BD n’était qu’un projet, alors je les ai retrouvé avec bonheur !

Bon, faut quand même que je vous présente un peu Clues, hein (et c’est là qu’on voit que je suis nulle pour écrire des articles. Aucune structure, tout ça…). Et comme je suis une grosse flemmasse (on le savait déjà), je reprends la présentation de l’éditeur :

Londres, fin du XIXe siècle. Emily, jeune fille d’une vingtaine d’années, parvient à intégrer le service du célèbre inspecteur Hawkins. En accompagnant celui-ci sur l’une de ses enquêtes, elle met la main sur des indices qui pourraient avoir un rapport avec la mort de sa mère décédée tragiquement alors qu’elle était enfant.

Clues

L’histoire est bien rythmée, l’ambiance est présente dès les premières cases, les dessins sont magnifiques, le personnage d’Emily est juste génial, bref, une réussite totale !!! Là, il va falloir attendre le deuxième tome, c’est dur !

Bref, cette première BD est pour moi un vrai coup de coeur, et j’ai vraiment hâte de retrouver la suite des aventures d’Emily et de l’inspecteur Hawkins dans le tome 2. Achetez Clues, vous ne le regretterez pas !

En faire trop ou ne pas en faire assez ?

Certaines personnes (ou plutôt, une certaine personne ^^) me reprochent de me perdre dans des longueurs. J’avoue que parfois, je pourrais faire plus court, mais je laisse courir le récit pour le simple plaisir de faire interagir mes personnages et de les mettre en relief.

Quelque chose que j’ai toujours reproché aux romans, c’est qu’on ne nous montre qu’une facette des personnages. Du coup, les personnages restent creux, superficiels. Comme les décors de films américains. J’aime quand un personnage radote, quand il est chiant, un peu con, quand il fait des trucs pas logiques simplement parce que, dans la vie, on fait des trucs pas logiques. Un personnage n’est pas constamment tendu vers l’action. Parfois, en lisant certains romans, on a l’impression que les personnages ne sont que des pions, une sorte d’excuse pour faire avancer l’histoire. Un dialogue a toujours une méga importance, la moindre découverte est cruciale, toutes les pensées du héros sont dirigées vers l’histoire ou vers l’issue de celle-ci.

Non. Mais. Oh. Est-ce que vous vous imaginez si quelqu’un enregistrait votre vie du début à la fin, dans les moindres détails, et ne gardait que les éléments qu’il juge importants ? Pour un peu que ce qu’il juge important soit l’obtention d’un prix de gymnastique à l’âge de 15 ans, bravo l’intérêt.

J’ai toujours mis un point d’honneur à rendre mes personnages crédibles. Mes personnages sont chiants, ils font des trucs stupides, ils ont des problèmes existentiels débiles, ils foncent tête baissée dans la mauvaise direction, bref, ils sont humains. Luka est une grosse flemmasse qui a le sens de l’humour d’un bol de porridge, il est têtu, immature par moments, violent. Line est une égoïste naïve et indécise, qui rabaisse tout le monde et ne s’occupe pas du tout de son gosse. Ludméa est obstinée, obsédée par le « qu’en dira-t-on » et vit sur son petit nuage. Ruan est… euh… Ruan est un peu trop complexe pour qu’on le réduire à quelques mots. Lyen est prête à sacrifier tout le monde pour se venger. Bref. Heureusement, ils ne se limitent pas qu’à ça, sinon, le roman serait vite casse-pied.

Mais des fois, je me dis, peut-être que j’en fais un peu trop. Peut-être que je devrais parfois privilégier l’avancée de l’action à la profondeur et au réalisme des personnages. Je ne sais pas. En général, je n’écris qu’un dixième des scènes que j’imagine. Les scènes intermédiaires sont jouées dans ma tête et me permettent (probablement) d’améliorer le réalisme des personnages pour les scènes écrites.

Une chose qu’on m’a reprochée (une seule fois, d’ailleurs), c’est que l’histoire était déjà tellement complexe qu’ajouter des personnages complexes eux aussi contribuaient à perdre le lecteur. Par ailleurs, on m’a dit (de nombreuses fois) que mes personnages étaient extrêmement réalistes et très attachants.

Du coup, que faire ?

(si François était là, il me dirait « il faut couper !!! », mais il n’est pas là, alors j’en profite :postevil: )

Remise en question, le retour !

Vous vous souvenez de ce post ? Eh bien, je tergiverse, je tergiverse, et… J’en suis arrivée à plusieurs autres conclusions :

  1. le nombre de planètes différentes me dérange, mais j’ai besoin d’avoir au moins TROIS planètes différentes dans l’Alliance Alpha pour que l’histoire fonctionne de manière réaliste. Alpha, Lambda, et… une autre planète dont je tairai le nom.
  2. je préfère recentrer l’action dans un système de planètes rapprochées, du style la Terre, Mars, Vénus. Pourquoi ? Une seule raison : la communication. Si un gus envoie un message à un autre gus sur une autre planète, si le message arrive quatre jours plus tard, c’est moyen. Sans compter que pour passer d’une planète à l’autre, c’est mieux aussi de ne pas mettre trois ans.
  3. donc, pour reprendre le point 2, je veux une communication assez rapide, mais je ne veux pas qu’on puisse faire le trajet « Alpha-Lambda » en quelques heures seulement. J’envisage un trajet assez long, du style « Paris-Auckland ». Pour toutes sortes de raisons, il ne faut pas que ce soit trop simple d’aller sur Alpha. Et soyons lucides, dans le monde que j’ai bâti, ce ne serait pas très logique de mettre 25 heures à faire le trajet « Paris-Auckland ».
  4. l’histoire du « fond de teint » mat pour cacher la pâleur du teint de Line et de Lúka, honnêtement, c’est hyper cheap. Donc ça, je vire. Et bon débarras.
  5. je vais aussi faire un assez gros changement à un niveau de l’histoire, qui n’aura pas vraiment d’incidence sur ce que vous avez déjà lu, mais bon, faut quand même ménager un peu le suspense, donc j’évite d’en parler ici :)

En tout cas, le tome 1 version papier sera différent de la version « roman en ligne » sur pas mal de points. Je me réjouis déjà de me plonger dans les corrections, et dans la réécriture complète du chapitre 1.

Discipline II

Pour l’instant, 4 jours, un peu plus de 5000 mots écrits, et le chapitre X est presque terminé. Je suis assez contente de moi, surtout que je n’ai pas l’impression que ce que j’écris est mauvais. Depuis la relecture très très critique du tome 1, marqueur en main, je fais davantage attention à mes défauts récurrents : les adverbes en -ement, les participes présent, les verbes de dialogue en surabondance, le rythme des phrases.

En revanche, je remarque que mes personnages ont du mal à faire autre chose que « hausser les épaules » « froncer les sourcils » « baisser les yeux » « détourner le regard », et le pire de tous : « sourire ». Il faudrait que je renouvelle un peu mon vocabulaire.

Le chapitre X est bientôt terminé. Il le sera d’ici dimanche, je pense. Il fera partie des « longs chapitres », probablement plus de 8000 mots. Cela dit, c’est un chapitre qui clôt une partie de partie (oui, je suis chiante avec mes parties et mes parties de parties). Après ça, je me lance dans le deuxième tiers de la cinquième partie ! (pas au niveau de la longueur, mais au niveau du découpage de l’histoire. Contrairement aux parties précédentes, la cinquième partie est clairement découpée en trois séquences)

Bon, c’est pas tout, ça, mais maintenant que j’ai fait mes devoirs, je file acheter plein de super fringues en solde, avant d’aller acheter Clues et de me le faire dédicacer !

Détacher les écrits de l’écrivain

Dans l’optique de tenir mon engagement (mille mots par jour !), je suis en train d’écrire le début du chapitre X-5, et je me retrouve confrontée à un problème : je fais intervenir un personnage à l’éthique plus que douteuse, élevée dans la royauté d’une planète ennemie, bercée par les idées eugéniques de son peuple et par toute une génération de consanguinité. Elle tient des propos clairement racistes vis-à-vis de certains autres personnages et de leur « métissage racial », en parlant de leurs « traits grossiers ».

Mon problème est le suivant : évidemment, les idées de ce personnage ne sont pas les miennes, vu que sinon, je n’aurais pas choisi une héroïne métisse vivant sur une planète de métis, mais comme elle s’extasie sur la peau claire des jumeaux, j’ai un peu peur qu’on prenne les Enfants de l’Ô pour une apologie de l’eugénisme (que vous me compreniez bien, LEÔ parle d’eugénisme, très très clairement, mais pas vraiment dans une optique positive) et du racisme.

Si je me pose ce genre de questions, c’est un peu suite à de nombreuses réflexions sur mes écrits (je crois que la nouvelle mettant en scène un pédophile du point de vue de celui-ci y est pour beaucoup, et le sujet du Sang des Miroirs est suffisamment dérangeant également pour susciter quelques remarques). J’ai lu il y a quelques années un roman (excellent) nommé Out of the Silence. Pour replacer le contexte, La Nuit des Temps est un plagiat avoué de Out of the Silence, de Erle Cox, paru autour de 1925, je crois. Ce roman a été ensuite retiré des collections pour « racisme » et idées politiquement incorrectes. A la lecture, je n’avais pas eu l’impression d’avoir affaire à une apologie du racisme ou de l’eugénisme, du coup, j’ai été un peu surprise. Certes, les opinions du personnage correspondant au personnage d’Eléa (Hiéranie, dans Out of the Silence) sont choquantes pour nous, actuellement, mais quel est le problème ? Après tout, il s’agit des opinions d’un personnage, et non le schéma de pensées du livre entier. D’ailleurs, la fin est très claire à ce propos (mais je ne la dévoile pas, si vous voulez lire Out of the Silence (La Sphère d’Or, en français)).

Bref, tout ça pour dire, comment gérez-vous les idées politiquement incorrectes de vos personnages ? Je dois dire que jusqu’à maintenant, entre le sadique qui prend plaisir à tabasser une pauvre femme enceinte qui tient lieu de personnage principal, l’histoire d’amour incestueuse, l’eugénisme et les manipulations génétiques, la violence sous-jacente, les innocents qui meurent, les enfants maltraités, etc. etc., on n’est clairement plus dans la ligne éditoriale de la Bibliothèque Rose…

Discipline

Comme François l’a dit très justement dans un commentaire, je suis une grosse feignasse. Même si je suis crevée les trois quarts du temps, j’ai quand même dans la journée des moments où je pourrais écrire, et si je ne le fais pas, c’est clairement par fainéantise. Evidemment, je me trouve d’autres excuses : je n’arrive pas à me concentrer (ce qui est tout à fait vrai), je n’ai pas d’inspiration, ce que j’écris est nul, etc. etc.

Cela dit, mon roman ne va pas s’écrire tout seul, donc il va falloir que je trouve une solution. Apparemment, ma fatigue ne disparaîtra pas de sitôt, je vais devoir faire avec.

Dès demain, je m’impose une nouvelle discipline : écrire 1000 mots tous les jours. C’est un peu comme le NanoWriMo (1700 mots/jour pour le Nano si on veut atteindre le but de 50’000 mots en un mois en écrivant régulièrement, si ma mémoire est bonne), sauf que contrairement au Nano, je ne me fixe aucun but particulier, mais un nombre de mots à respecter chaque jour.

Même si j’écris 3000 mots un jour (on peut rêver, ceci dit, dans mes grands moments, j’étais capable de 15’000 mots par semaine), il faudra que j’écrive mes 1000 mots le jour suivant.

Je crois que c’est la seule solution pour avancer. Gaby, je te prends personnellement à témoin, et tu seras responsable de me botter les fesses à Nice si je n’ai pas respecté mon engagement. Lily, tu as la lourde tâche de me harceler si tu sens que je flanche.

Maintenant, il me faut une punition si je n’arrive pas à respecter cet engagement. Quelqu’un a une idée ? (bon, je vous préviens tout de suite, on va éviter les coups de fouet)

Comment devenir un écrivain célèbre (quand personne ne nous connaît).

Je viens de tomber sur une vidéo qui circule sur facebook, où un jeune écrivain se tranche le doigt pour protester contre le milieu sectaire de l’édition. Je ne vous mets pas le lien, désolée, mais vu que j’ai mis un quart d’heure à lutter contre la nausée et que je vais sûrement faire des cauchemars pendant une semaine (je suis super sensible aux doigts coupés. Ça doit être l’effet piano), je préfère vous épargner. Surtout que je ne sais pas si c’est un fake ou pas.

Bref. Une petite liste (sérieuse ou pas) des moyens infaillibles pour devenir un écrivain célèbre quand vous n’avez pas publié un seul bouquin :

  • apparemment, se couper un membre devant la caméra et diffuser la vidéo sur le net a l’air de fonctionner. Ouch.
  • être actrice ou chanteuse et publier sa bio à 20 ans.
  • coucher avec un(e) inconnu(e) dans un jacuzzi (pas sûre de l’orthographe, et le correcteur me propose « éjaculer » à la place, donc je vais m’en remettre à mon intuition plutôt qu’à la sienne) devant plusieurs millions de téléspectateurs. Accessoirement, si l’on découvre que vous avez abandonné votre enfant à sa naissance, ça peut créer le buzz. Moyen, quand même.
  • être le fils de ou la fille de. Notez que si vous êtes le fils de Jean Dupont, ça ne marchera pas. A moins que Jean Dupont soit un criminel pédophile violeur zoophile (barrez la mention inutile) et que vous racontiez vos souvenirs d’enfance dans votre premier roman.
  • être une femme musulmane transexuelle battue violée qui s’est enfuie avec son enfant pour monter ensuite sa multinationale et devenir riche à millions (je suis un peu cynique, je l’admets. Mais il y a des sujets plus à la mode que d’autres. Notez que je ne suis pas du tout en train de renier la misère des gens dans le monde, je ne fais que constater que certains sujets fonctionnent bien).
  • Poser nu(e) et mettre ses photos partout sur internet.
  • Faire un blog et critiquer tout le monde avec véhémence.
  • Faire un blog et y raconter ses frasques sexuelles (avec beaucoup de détails).
  • Etre le responsable d’un attentat ou d’un crime. Bon, après, vous êtes en prison, mais tout le monde s’arrache votre livre.
  • Coucher avec un éditeur / écrivain célèbre (ou à défaut, poser sur ses genoux pour une photo ultramédiatique que 3 personnes verront. Ouais. A la réflexion, c’est moyen.).
  • Faire couler la Société Générale (ou essayer).
  • Avoir du talent Non, ça, ça ne marche plus.
  • Avoir gagné une médaille olympique.
  • Publier à compte d’auteur un roman tellement pourri que les gens l’achèteront pour se foutre de vous. En attendant, votre roman, vous l’aurez vendu. Vous serez connu comme la plus grosse daube que la littérature française ait enfanté, mais ce n’est pas ça l’important, si ?
  • Devenir Miss Monde ou Mister Univers.
  • Se marier avec le Président de la République. Beurk. Il y a de sacrifices qu’on n’a pas envie de faire.
  • Jouer dans un film pornographique
  • Envoyer son manuscrit un peu partout, attendre les lettres de refus, se faire publier par un grand éditeur qui vous fera une pub d’enfer dans toutes les librairies, passer sur les plateaux télé, obtenir le Goncourt ou le Renaudot, bref, le rêve de tout écrivain (ou presque). Ça a marché pour certains, pourquoi pas vous ? Euh… A la réflexion, ça aussi, c’est moyen, et c’est comme les miracles ou la loterie : on en entend parler, mais ce n’est jamais à vous que ça arrive.

D’autres suggestions ? Moi je me propose pour coucher avec Michael Crichton ou Stephen King. Ensuite, je prendrai plein de photos compromettantes, je les posterai sur le net, j’ouvrirai un blog pour y raconter mes ébats, je ferai une vidéo qui se retrouvera mystérieusement sur YouTube, et je finirai par poser nue dans PlayBoy, avant de passer sur les plateaux TV pour promouvoir « Moi, Vanessa », le livre autobiographique où je raconterai ma liaison avec Nicolas Sarkozy.

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