Des avantages et des inconvénients du plan

Comme vous le savez tous, à présent (enfin, je pense), je me suis engagée à écrire 1000 mots par jour. Promesse tenue jusqu’à maintenant, à l’exception de mon voyage à Nice (il me reste encore 4800 mots à rattraper). En conséquence de quoi, j’avance plutôt bien dans le roman, puisque j’ai terminé hier soir le chapitre XIII-5.

Cependant, je me suis dit qu’il était plus que temps de faire un plan, histoire de ne pas partir dans tous les sens si près de la fin (enfin, près de la fin, il reste au moins la moitié, mais passons). Je me suis donc traînée jusqu’à la plage (ça, je le mets juste pour vous dégoûter), j’ai pris mon papier, mon stylo, et ma feuille d’éléments à placer avant la fin (oui, j’avais quand même un truc comme ça, malgré mon absence totale d’organisation. Notez bien que j’ai mis plusieurs heures à le retrouver, ce qui tend à prouver son utilisation fréquente et régulière…).

J’ai passé une petite demi-heure à faire le plan des trois prochains chapitres, avec, à côté de chaque scène, une approximation du nombre de pages, afin d’être sûre de ne pas avoir un chapitre de trente pages puis un autre de cinq…

J’en viens au sujet de cette entrée, à savoir les avantages et les inconvénients du plan. Là, beaucoup vont dire (enfin, les deux trois personnes qui viennent sur le blog) que le plan, c’est génial, que c’est indispensable, que c’est la clé de voûte du roman, la huitième merveille du monde, et que sans plan, un roman est forcément nul et déstructuré. Je pense qu’un plan est parfois nécessaire, mais que bien souvent, à vouloir trop détailler, on perd l’essentiel : la spontanéité du récit. Et pour moi, la création d’un plan hyper détaillé représenterait à coup sûr la mort du roman, car mon petit plaisir, c’est de me laisser porter par l’histoire et de la découvrir en même temps que je l’écris. Si je fais plusieurs semaines de préparation pour ne rien laisser au hasard, je ne deviens plus qu’une rédactrice, et ça m’ôte tout le plaisir de l’écriture. En plus, cela empêcherait mes personnages de prendre le contrôle et enlèverait leur réalisme.

Néanmoins, un plan présente évidemment de nombreux avantages, sinon, personne n’en ferait. Bien souvent, il nous permet de remarquer LA grosse incohérence que nous avions négligée, et surtout, il donne un cheminement logique à l’histoire, cheminement que j’ai parfois tendance à perdre de vue dans les Enfants de l’Ô à cause des nombreuses intrigues en parallèle, et surtout, de la longueur du roman (un peu plus de mille pages à ce jour. Et NON, François, je n’ai pas l’intention de couper pour en faire un bouquin de 150 pages, pas la peine de le proposer dans les commentaires ^^ Je te connais !). A chaque fois que j’arrive vers la fin d’une partie (enfin, d’un tome, vu que j’ai finalement opté pour ce terme), je fais un plan pour les cinq à six derniers chapitres, pour être sûre de ne rien oublier. Evidemment, je ne suis qu’à moitié ce plan, mais au moins, il me permet de me mettre les idées au clair.

Ici, comme il s’agit du tome final d’un cycle, beaucoup de réponses sont données (pas autant que vous ne le voudriez, je le crains…), et je clos plusieurs intrigues (on va savoir qui est la femme en noir :)). Donc je m’y prends un peu plus à l’avance que d’habitude.

Mes plans sont très succins, ils présentent les scènes (sans aucun détail, juste « Scène Lúka + Line à propos de machin truc ») avec une approximation du nombre de pages. C’est tout. Ce sont désormais mes nouvelles balises, que je décide de respecter, et entre lesquelles j’ai bien sûr le champ libre pour rajouter quelque chose. Ce qui fait qu’en règle générale, si je décide de faire un plan pour les chapitres 14, 15, 16 et 17, bien souvent, j’arrive au chapitre 17 tout en étant encore, au niveau des balises, à l’action du chapitre 15. Du coup, je refais un plan, avec les nouveaux éléments.

Et vous, avec ou sans plan ? J’ai déjà évoqué le problème du plan dans Méthode de travail, mais je voulais m’y attarder un peu plus.

8 réflexions sur “ Des avantages et des inconvénients du plan ”

  1. Haha. Les plans. La seule fois où j’en ai fait un, c’est parce que j’étais obligée. (production théâtrale, session d’automne 2006…) Et en fait ça m’a été énormément utile parce que je n’avais plus que 3 jours pour écrire la pièce, donc en sachant ce qui se passait dans chacun des tableaux, quand je bloquais dans un certain développement, j’allais voir ailleurs et hop !

    Niveau roman faudrait quand même que je m’en fasse un, ou au moins une liste des trucs qui doivent être révélés ou gardés dans l’ombre, pour éviter de tuer tout ce qu’il y aurait de suspense dans visions passées…

    Ce qui m’a le plus aidée, je crois, c’est de connaître la fin, comment tout se règle. Au moins, ça donne une direction et on écrit un peu moins à l’aveuglette. On peut avoir encore toutes sortes de surprises dans l’écriture, mais toujours en gardant la fin à l’esprit. Quitte à la changer si jamais elle devient vraiment trop idiote, ce qui est toujours possible, bien entendu.

  2. Oui, moi aussi j’ai ma fin depuis un bon moment ! (la fin du cycle, parce que pour la fin de la saga, je n’ai pas encore décidé. Tout dépendra de quand je déciderai d’arrêter !)
    Et c’est vrai que ça permet d’avancer plus vite, et surtout, d’éviter d’oublier des trucs !

  3. :embarrassed:
    Ma foi, j’ai récemment tâté du plan, histoire de voir. Pour Antò. Je veux dire, pour sa seconde partie. Peine perdue, ça se transforme vite en liste des choses qu’il ne faudra surtout pas introduire dans l’histoire.
    :bad:
    Je devrais plutôt me contenter de noter quelques pistes, certaines idées qui pourraient s’avérer utiles ou primordiales, et ne surtout pas essayer de poser les rails sans savoir si l’écartement des roues du train sera de la bonne dimension. Surtout, si j’ai bien en tête comment s’achèvera ladite seconde partie, je doute que ce soit réellement la fin. Les idées qui s’empilent (de plus en plus haut et de plus en plus de travers: ça va finir par se casser la gueule, tout ça) semblent m’orienter vers la nécessité d’envisager le comble de l’horreur, une troisième partie pour tout désembrouiller. Alors que je ne sais même pas dans combien de temps j’aurai réussi à boucler la seconde.
    :horrified:
    Donc, pas de plan. Je sais que je ne m’y tiendrai pas, habitude prise depuis les dissertations lycéennes. Dès que je pose un canevas j’ai envie de faire autre chose. L’avantage est que je découvre mon histoire au fil de l’écriture (tout en en connaissant la conclusion). Le désavantage est que je risque de tomber dans des incohérences, d’oublier que des éléments décisifs à la page quatre devraient avoir des répercussions, et de me comporter finalement comme un rat amnésique dans son labyrinthe, ce qui ne sera au goût de personne.
    :sick:
    Le mieux pour moi est donc de poser quelques balises, et de voir comment je peux naviguer de l’une à l’autre. Vu qu’actuellement je ne serai pas capable de grand chose de plus, ce serait déjà bien que je m’indique des repères et que je les note sur la carte encore vierge des territoires traversés durant mon périple. Quitte à prendre des raccourcis ou à faire des détours si je m’aperçois que je serai contraint d’escalader des falaises pour avancer…

  4. Moi, les plans m’ont toujours gonflés. Mais voilà, le seul roman que j’ai écrit en suivant un plan, c’est celui qui sera publié par un véritable éditeur (à la rentrée). Le hasard, sans doute.

    Je dis ça comme ça, ou je dis rien, c’est pareil, ploum ploum tralala…

  5. Article très intéressant. Je suis moi-même une adepte du plan, beaucoup trop au goût de la majorité des gens. C’est bien simple : je ne conçois rien sans planification. C’est un passage obligé de la création, pour moi.

    Je ne sais pas si tu as vu, mais j’ai fait un article miroir au tiens sur mon blog d’édition. ;)

    Bisous Ness !!

  6. @JC : tu bosses plus ou moins comme moi, donc ^^ Amusant, je t’aurais plutôt vu comme un adepte du plan. Comme quoi :)

    @François : oui, mais pour Le Temps, étant donné le bouquin, tu étais un peu obligé de faire un plan pour t’y retrouver, non ? Je ne sais pas si c’est grâce au plan qu’il a été accepté, mais je pense qu’il est très différent de tes autres romans, et que ce n’est pas tellement comparable !

    @Gaby : Oui, super intéressant ton article !!! Et ta méthode est en effet excellente, si tant est qu’on arrive à la suivre. Moi, je suis trop bordélique, je n’y arriverais jamais, mais c’est vrai que c’est super pour placer une scène et voir ensuite sa cohérence. Il n’est pas impossible que je fasse un plan détaillé de la première partie pour la correction, comme ça, je verrai ce que je peux rajouter ou enlever sans détruire la trame ! Merci Gaby :)

  7. Je suis comme Ness, mes plans tiennent sur le quart d’un timbre poste, et je me fais un malin plaisir de ne pas les suivre.
    Je pars dans des improvisations totales, à tel point que je me demande si je n’écris pas sous acide, parfois.
    J’ai des circonstances atténuantes. ayant définitivement versé dans le roman humoristique, je peux me permettre de grandes incohérences. Le jour où je tâterai du bon gros polar noir, je me paierai quelques suées, j’en suis certain. Mais je ne suis pas prêt pour ça.

  8. J’étais bien obligé de faire un plan pour le Temps, puisqu’un résumé était demandé pour le concours auquel il était destiné (mais pas le roman complet, seulement trente pages).

    Oui, Le Temps est différent de mes autres romans, mais chacun est dans un genre différent des autres. Et le suivant, à venir en 2009, sera d’un genre encore différent.

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