Le début de la fin !

Ça y est, j’ai passé la barre des 50’000. Depuis hier soir, en fait. Je continue ma progression lente, beaucoup trop lente, vers les 75’000, tout en sachant que j’ai encore un boulot énorme après le 30 novembre pour terminer ce 5ème opus.

Mon roman me fait peur. Pas par sa longueur, non, après tout, ceux qui me connaissent savaient bien que j’allais écrire quelque chose d’énorme. Mais parce qu’avec ce 5ème tome, je boucle le premier cycle. Je ne peux pas en dire trop pour cause de spoiler, mais… Je crois que je vais avoir l’impression que quelqu’un de proche est mort, quand j’écrirai le point final. Au moins pour quelques jours. Pour le moment, j’ai une vague idée de la suite (enfin, non, je connais la suite), et repartir pour un tour me fait peur.

D’un autre côté, impossible d’arrêter. Si je ne me plonge pas directement dedans, je sens que je vais laisser ce roman de côté, repousser tout le temps le moment de commencer, pour finir par abandonner. Et je ne pourrais pas faire ça à mes lecteurs. Mais… un nouveau cycle, de nouveaux personnages, une nouvelle intringue, la perte de mon environnement familier, la séparation d’avec les personnages que je connais par coeur, que j’ai chéri pendant toutes ces années… C’est horrible. Franchement, je ne sais pas comment faire. Ça se trouve, je vais finir avec une dépression post-partum, ça ne m’étonnerait qu’à moitié.

Que faire ? Actuellement, les Enfants de l’Ô, c’est ce qui me permet de tenir (et en même temps, je m’épuise et me ruine la santé à terminer ce 5ème tome). J’ai vraiment peur de ce qui va se passer quand je bouclerai ce fameux 5ème tome, celui que j’aurai mis près d’un an et demi à écrire.

Le travail qui m’attend derrière me rassure en partie. Depuis le tout début, je repousse le moment de faire des fiches, de développer mon monde de manière logique (mais cette fois, l’apparente « incohérence » du monde futuriste qui ressemble à notre XXème siècle a été expliquée. Vieux motard que jamais, comme on dit. Après tout, expliquer à cent pages de la fin, c’est quand même expliquer !). Je sens que mon appartement va se tapisser de grandes frises chronologiques, que mon bureau va croûler sous un énorme plan, dans lequel je vais reprendre point par point CHAQUE scène de l’histoire. Que je vais m’arracher les cheveux en corrigeant le premier tome… Pffff… Drôle de truc, ce roman. Un peu comme un sale gosse qu’on est content de foutre en pension, mais qui nous manquera quand même.

4 réflexions sur “ Le début de la fin ! ”

  1. Tu décris avec lucidité cette angoisse bien naturelle qu’on peut ressentir au moment de boucler une telle masse de travail ! Accouchement, libération, ou syndrôme de Stockholm, face à cette sorte de bourreau qui nous en fait baver depuis des années ?
    Je comprends que tu puisses ressentir une appréhension. D’un autre côté, quelle satisfaction de savoir qu’on a pu aller jusqu’au bout d’un tel projet ! C’est tout de même très valorisant. :blush:
    Il sera très intéressant que tu nous dises comment tu vis la fin de ce 5e tome lorsqu’il sera achevé. Peut-être seras-tu la première surprise ? Un sentiment d’accomplissement, peut-être ? Ou la sensation d’être libérée, de pouvoir passer à autre chose ?
    Depuis combien de temps es-tu sur l’O, déjà ? Des années, non ? Est-ce que tu étais née quand le projet a commencé ? :D

    Courage ! Ce n’est pas parce que tu es restée sur l’O pendant tant d’années que tu te sentiras la tête sous l’O après ! :)

    Alexis

  2. « Je sens que mon appartement va se tapisser de grandes frises chronologiques, que mon bureau va croûler sous un énorme plan, dans lequel je vais reprendre point par point CHAQUE scène de l’histoire »

    Ah ah, on dirait moi au sortir de mon Nano2005 pour corriger Entrechats, sauf que c’était d’une ampleur moindre. :D

    « Je crois que je vais avoir l’impression que quelqu’un de proche est mort, quand j’écrirai le point final. »

    C’est bizarre cette sensation, parce qu’au final, ton roman (du moins les dernières parties écrites) n’a pas encore commencé à « vivre » : tous les tomes non publiés sur le net n’ont pas encore leurs lecteurs. Le temps de l’écriture créative est peut-être fini, certes, mais se lancer dans un roman, ou une saga, c’est un cycle sans fin !! T’as encore tellement de bonnes choses à venir. :)
    Écrire est un acte solitaire (tiens, dans le genre « slogan déviant »… :P), c’est comme la grossesse : même si on est plusieurs pour faire vivre l’enfant (il faut un papa, une maman, une vie sociale avec de multiples intervenants (= des lecteurs)), il n’y a que la mère qui saura ce que ce fut de porter l’enfant et de le nourrir en son sein. Personne ne connaîtra jamais ton roman comme tu l’as connu, et c’est la perte de ce lien quasi fusionnel qui manquera à mon sens, car après l’écriture, ça reste un souvenir, une trace, une sensation ennivrante que l’on veut retrouver.
    Mais là, tu es encore dans ce temps de « grossesse », alors profite !!!
    LEÔ ce n’est pas fini : nous, nous avons encore des milliers de signes à lire, de moments à découvrir et à partager, et toi des millions de signes à écrire, d’instants à inventer et de personnages à créer.

    Ce n’est pas fini, non non noooon. :)

    (bon, genre tu ne savais pas tout ça toi même, mais j’avais envie de l’écrire parce que je crois que toi et ta saga irez très loin ensemble, comme l’équipe gagnante que vous êtes, et dans l’esprit des lecteurs et dans l’histoire de l’édition (c’est une intuition très forte que j’ai eu lorsque je t’ai rencontrée, et qui persiste et même se renforce)).

    Biz ! :pinkheart: :pray:

  3. Courage, Ness ! N’hésite pas à te donner quelques jours une fois le premier cycle terminé pour faire ton deuil de tes personnages (en te disant que de toute façon, ils vivent encore en toi et s’émanciperont chez les lecteurs), souffler un peu, retrouver une vie sociale. Ce qu’il y a de bien, quand on a terminé un roman, c’est d’en relire des passages 4 ou 5 ans plus tard pour voir comment on a évolué.

    C’est pour ça que moi, perso, j’aime bien repartir sur autre chose, pour explorer d’autres facettes, relever d’autres défis… Quelque part, ça me donne l’impression d’avancer.

  4. En y déposant le point final, ne laisses-tu pas plutôt enfin filer le roman. Il va maintenant avoir sa propre vie et tu le couveras des yeux, de loin. On viendra te voir en te posant des questions sur son enfance : il était du genre calme ? ou bien turbulent ? La cicatrice au-dessus du sourcil, c’est quoi ? A-t-il fait tes nuits très vite ? Pleurait-il ?

    Ness, le roman n’est pas un sale gosse qu’on met en pension, mais un enfant qui illumine notre vie. Hate toi de le poser ce point final et aime ton prochain enfant, en y déposant une majuscule sur le front.

    Bisous, Ness, et à plus tard.

    Alain.

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