Le métier de correcteur – deuxième partie


Table des matières pour Correction

  1. Le métier de correcteur
  2. Le métier de correcteur – deuxième partie
  3. Le métier de correcteur : troisième partie

LE SALAIRE D’UN CORRECTEUR

La correction est payée en fonction de la longueur du texte corrigé, calculée en nombre de signes, une page correspondant selon le Syndicat des correcteurs à 1500 signes.

(* Référence officielle d’une page : format A4 – environ 25 lignes de 60 signes [ponctuation et espaces comprises – hé oui, espace en orthotypographie est du genre féminin] – police de 10 – Verdana – interlignages 1,5 – marges de 3 cm.)
Néanmoins, il est difficile de répondre à une telle question sans connaître la nature exacte du travail. Le travail de correction est tellement varié et complexe, qu’il n’existe pas de « grille de prix ». Le correcteur travaille sur devis.

Par ailleurs, il faut tenir compte aussi du moment auquel on intervient sur le texte. Est-ce une correction en 1re – ce qu’on appelle aussi la préparation de copie, ou en seconde ?
La première étape concerne la relecture de textes dactylographiés voire plus rarement, de manuscrits, la correction grammaticale, les fautes d’orthographe, l’élimination des coquilles qui se glissent malencontreusement dans les textes et la correction de la syntaxe, de style ainsi que des oublis.
Puis viennent les corrections typographiques qui sont des annotations techniques concernant le document à mettre en page destiné au « graphiste exécutif » : choix des polices de caractère (texte, titres…), graisse des caractères, position des titres, corps des caractères, portion de texte en italique, soulignement, indice, nombre et largeurs de colonnes par page, marges à gauche, à droite, justifications (centré à gauche, à droite, au milieu), tabulations, texte en drapeau appuyé à gauche, appuyé à droite, segments de paragraphe, saut de ligne, retour à la ligne, retraits de paragraphes ou de la première ligne de paragraphe, lettrines au départ du texte, espacement des caractères, espacement des lignes (interlignage), etc. Tous ces choix ont déjà été prédéfinis au préalable par votre « employeur », vous n’avez qu’à les appliquer à bon escient au texte brut.
Enfin, la correction en seconde : lors du tirage de l’épreuve avant l’impression finale, le correcteur intervient directement sur les épreuves de composition déjà mises en page. Il repère et localise les dernières fautes, les erreurs, les défauts de mise en page suivant des indications précises. Une nouvelle relecture peut être jugée indispensable, après la prise en compte de vos indications et des retouches d’auteurs : c’est ce qu’on appelle la « révision ». C’est en général, la dernière correction avant le passage en imprimerie. Néanmoins, sur des documents importants (textes officiels, administratifs, de contrats, de règlementations, d’avertissement légal…) et sur les textes de prestigieuses maisons d’édition, une troisième lecture peut être utile et reconduite. Aucune erreur ne doit alors vous échapper.
Il arrive aussi qu’il soit nécessaire qu’un texte, qui n’est pas écrit par un professionnel, soit complètement réécrit, on parle alors de « rewriting » — de réécriture, c’est mieux. Il s’agit dans ce cas de refaçonner l’écrit, de le restructurer pour une meilleure compréhension. Le correcteur doit, dans ce cas précis, faire preuve d’un certain niveau littéraire, car il ne conserve que les idées pour la réécriture finale.
En résumé, et en fonction de la catégorie du travail demandé, les bases de calcul sont les suivantes :
–    en préparation de copie : environ 5 à 7000 signes à l’heure
–    en première lecture de correction de copie : 12 à 15 000 signes
–    en seconde lecture de révision de copie : environ 20 000 signes
–    en troisième lecture : cela varie fortement, il s’agit de textes importants et un travail qualitatif de correction s’impose.

Tous ces critères entrent donc en ligne de compte pour établir un devis. Au vu de tous ces éléments, il convient alors de déterminer si vous souhaitez être payé au signe (entre 1,80 et 2,50, les 1500 signes) ou à l’heure. Dans ce dernier cas, c’est votre rythme de travail qui déterminera la tarification (on peut compter autour de 14 à 20 € de l’heure, plus s’il s’agit de réécriture). D’autres, par contre, préfèrent se faire payer au mot.

Est-il donc encore nécessaire de le rappeler ? Être correcteur est véritablement un vrai métier. On ne peut pas s’improviser correcteur du jour au lendemain, sauf à rendre service à une amie de temps en temps. Par ailleurs, pour exercer cette activité, il faut impérativement être méticuleux, vif, concentré sur les textes à lire et posséder un œil aiguisé pour ne rien laisser passer, avoir un goût certain pour la lecture voire un amour pour la langue française et ses subtilités, être patient, et bien entendu avoir une maîtrise dans les moindres détails du code orthotypographique.

11 réflexions sur “ Le métier de correcteur – deuxième partie ”

  1. N’est-ce pas ? J’ai demandé à Martine de m’écrire un petit topo (la troisième partie arrive bientôt) parce que je trouvais vraiment passionnant de voir ce côté du milieu de l’édition. Chez les petites maisons d’édition, on y va à coup de bêta-lecture et autre (et franchement, sans vouloir être la grosse méchante de service, j’ai trouvé des coquilles, des fautes de grammaire et d’orthographe dans tous les ouvrages lus jusqu’à maintenant et en trop grande quantité, sans que ce soit non plus complètement extrême, bien sûr), et j’ai remarqué que ça valait la peine de montrer le côté pro de ce métier, qui en est véritablement un, et pas juste des gens « bons en français » qui donnent un coup de pouce (ce que je suis actuellement. Mais je compte suivre la même formation que Martine, histoire de me perfectionner, car je me trouve vraiment mauvaise).

  2. Il y a des formations ? Je trouve que mon niveau est bon mais sans plus et dès que j’ai un doute, je fonce sur ma grammaire ou sur des sites spécialisés pour vérifier mais c’est loin d’être parfait.

  3. Oui oui ! Je viens de poster la suite et fin de cette série, où tout est indiqué. Je vais suivre la formation par correspondance, mais c’est assez cher : 1350€. J’ai déjà commencé à économiser, il me manque encore 900€…

  4. Attention, Ness, il y une grosse distinction entre un correcteur pour une petite maison et un correcteur « normal ».
    Dans les petites maisons, correction et direction littéraire sont la même chose. C’est pour cela que la plupart du temps, elles font appel à des relecteurs, pour chasser les coquilles, justement, car le correcteur ne les voit plus à force de travailler sur le fond dans des délais souvent courts – d’autant plus courts d’ailleurs que c’est du bénévolat, donc ça ne nourrit pas son homme et vient en sus d’une vie déjà bien remplie.

    A noter également que les corrections dans les petites maisons n’interviennent souvent qu’en phase de préparation de copie. C’est pourquoi je souligne le rôle des relecteurs dans les petites maisons qui, eux-aussi, ont ce souci de délais courts et raccourcis par une vie professionnelle en dehors, et n’ont la possibilité de faire cette relecture qu’en correction de copie.

    Souvent, il reste des coquilles, mais, là, c’est le cas de tous les bouquins malheureusement. Je n’ai jamais lu un seul bouquin exempt de coquilles, sauf peut-être à prendre des livres pour enfants avec trois phrases dedans.

    Ces articles sont intéressants et montrent une facette du métier de correcteur, seulement elle montre la belle facette, dans le sens où, s’il est exposé qu’entrer dans le métier est difficile, il n’est question que de correcteurs dans des structures déjà imposantes.

    ‘fin je m’arrête là, après on va dire que je prêche pour ma paroisse. Je tenais simplement à souligner que les modes de fonctionnement des petites et grandes structures n’ont rien à voir, en conséquence de quoi, être correcteur pour une petite ou pour une grande maison n’est pas vraiment le « même » métier…

  5. Je suis très consciente que dans les petites structures, ce n’est absolument pas réalisable ! Mais je voulais montrer comment ça se passait dans les grosses maisons.
    Je trouve que dans les petites maisons, il y a un énorme investissement de la part de tout le monde, et c’est aussi ça qui est génial, car ça fait un peu grande famille. J’imagine que dans les grandes maisons, ce côté-là est beaucoup moins marqué.
    Après, il est probablement possible de pousser quelques pros à travailler bénévolement, s’ils sont attachés affectivement à un projet ou à une maison, mais ça vient bien sûr après leur travail de pro.
    C’est un peu comme pour les sites internet, en fait. Un bon amateur peut faire un chouette site, mais si tu parviens à convaincre un pro de te le faire gratuitement, on remarque la différence. ça ne veut pas dire que le bon amateur est mauvais, bien entendu ! Ce n’est juste pas son métier !
    Mais à part ça, tu sais, je corrige des trucs bénévolement et je ne suis pas pro, et je laisse sans doute passer moi-même beaucoup de coquilles :) Là, j’ai envie de faire cette formation, et ça ne changera pas mon travail auprès des petites maisons (je veux dire, je serai beaucoup plus qualifiée mais je continuerai à le faire bénévolement, je pense, pour les gens et les maisons qui me tiennent à coeur), mais ça me permettra éventuellement de bosser pour quelques boîtes plus aisées financièrement et de mettre un peu de beurre dans les épinards (enfin, dans mon cas, ce sera plutôt pour payer le loyer, vu que je n’aurai rien d’autre).

  6. Bonjour,
    Je remarque, en cherchant sur Internet, que ce métier est finalement assez confidentiel : il n’y a pas vraiment de formation et de reconnaissance professionnelle.
    Je n’ai pas du tout le profil idéal pour faire ce métier, puisque j’ai un Bac Pro Restauration. Néanmoins, j’ai toujours aimé la langue française, lire, découvrir…
    Existe-t-il des moyens de se faire connaître dans ce milieu ?

  7. Bonjour,
    j’ai suivi la formation avec le CEC l’an dernier, et je suis en passe de décrocher mon premier contrat de correction avec une petite maison d’édition locale… Justement, vu que c’est une maison récente et de petite envergure, on ne sait pas comment établir ce contrat. Je m’en remets à vous, comment établir un contrat de correction et que doit-on y faire figurer ? :confused:
    Merci d’avance pour votre aide ! :idea:

  8. @Yolton : se faire connaître en tant que correcteur ? Euh… Je ne sais pas. Je ne pense pas que les maisons d’édition se passent les adresses de leurs correcteurs, et à part faire comme certains de la pub sur facebook ou sur leur site internet, je ne vois pas trop.
    @Mathilde : j’aimerais beaucoup pouvoir vous aider, mais je n’en sais malheureusement pas plus que vous. De mon côté, j’effectue des missions de correction pour des maisons d’édition, et en plus je ne suis pas en France… J’ai un contrat pour une maison d’édition française qui a été établi il y a quelques années, je vais essayer de le retrouver, de le scanner, et de vous l’envoyer par email (je ne peux évidemment pas le mettre sur le site). J’essaie de vous faire ça cet après-midi, et n’hésitez pas à me relancer, car j’ai une mémoire de poisson rouge et beaucoup de trucs à penser en ce moment !

  9. Merci beaucoup, ce serait sympa si je pouvais avoir un aperçu d’un contrat de correcteur :) je ne sais pas trop où chercher autrement, ou à qui demander …

  10. Arrrgh, j’ai zappé aujourd’hui, j’étais plongée dans ma correction en cours. Demain, je ne serai pas chez moi, mais j’essaie de le scanner vendredi, promis ! (enfin, je vais surtout essayer de « penser » à le scanner vendredi, car ce n’est pas tellement le scan qui pose problème, c’est surtout qu’il faut que je rappelle de le faire…)

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