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Night owl and fiction writer.

Quand on est obsessionnellement organisé…

Vanessa m’a gentiment proposé de partager ma méthode de travail il y a quelques mois, alors me voici. :-) J’écris en moyenne 1,5 roman par an et j’alterne littérature générale et fantasy. Je me plais et m’épanouis dans les deux genres. Est-ce qu’on peut trouver mes romans en librairie ? Pas encore. ;-) Je me suis éloignée du milieu éditorial pendant plusieurs années et pendant ce temps, j’ai continué d’écrire (c’est en forgeant, etc.). Beaucoup de choses ont changé depuis cette pause que je me suis imposée pour pouvoir me recentrer. Si je n’ai pas changé de genres d’histoire (mes romans, qu’ils soient contemporains ou fantasy, sont des romans psychologiques : j’exploite à fond les traumatismes et leurs conséquences : de l’agoraphobie à l’amnésie en passant par les troubles alimentaires ou du sommeil), ma plume s’est métamorphosée. Mais une chose n’a pas changé : je continue obsessionellement organisée. Je ne fais pas de plans ou de synopsis avant d’écrire une histoire mais elle ne partira pas dans tous les sens.

Je pars d’une intrigue simple et dès la première page d’un roman, mon héroïne est traumatisée. Mais avant de commencer à écrire, cette héroïne a déjà une vie. Je connais sa personnalité, comment elle réagit, ce qu’elle aime (ou pas), la musique qu’elle écoute. Je connais mes personnages quasiment par cœur. Même Clara (héroïne de mon roman Pour un jour volé au temps), amnésique, dont les réactions ne sont pas liées à sa personnalité mais à sa situation, a un historique précis.
Ensuite, lorsque j’écris, je note absolument tout. Au fur et à mesure que je développe mon histoire, je marque les moments importants et construis ma frise chronologique. De cette façon, je n’ai pas des incohérences qui apparaissent en cours de route. Rien que pour cette raison, je vénère Excel et bénis son inventeur jusqu’à la millième génération.
Pour Pour un jour volé au temps, la chronologie est au jour et à la semaine près. C’est pour cette raison que vous pouvez lire un mercredi 36 février ou vendredi 49 mai (non, ce n’est pas une erreur). Mais c’est le jour de la semaine avec le nombre de semaines passées depuis le « réveil (amnésique) » de Clara. La partie floue (tous les mots-clés) est une sorte de synopsis a posteriori. Si jamais j’ai besoin de présenter un synopsis à un éditeur, il est là, organisé, détaillé.


Ensuite, il y a le feuillet qui concerne les chapitres. J’ai besoin de savoir ce qui se passe dans chaque, qui sont les personnages (absolument tous, du principal à celui qui n’apparaît que dans une ligne).

En 1) le titre de chaque chapitre. Il faut savoir que mes chapitres n’ont jamais de titres sauf pour Clara.
2) Les sous-titres sont en réalité des extraits de mes propres poèmes, traduits pour l’occasion. Oui, la mégalomanie a fait un tour sur elle-même pour le coup. ;-)
3) Ce qu’on sait/découvre à propos de Carla. Elle est amnésique, elle est donc une toile totalement vierge. Le lecteur découvre qui elle est en même temps qu’elle. Ça va de son état, capacités intellectuelles, goûts alimentaires, la musique qu’elle écoute, les livres qu’elle lit…
4) Ce sont les personnages avec nom + âge + profession + lieu de naissance + lieu de résidence + description physique. Parce qu’il faut savoir, un personnage dont on ne connaît pas la couleur des yeux ou des cheveux, ça me frustre (dans mes lectures). Surtout quand je me fais une idée (genre brun aux yeux bleus) et en cours de route, l’auteur décide de dire qu’il est blond aux yeux marron. Ça me bloque, limite, je dois relire le livre pour mieux visualiser (et je déteste relire). Je ne veux pas provoquer cette même frustration chez mes lecteurs.
Le fichier Excel de Clara est un des plus simplifiés et réduits de tous mes documents. Là, tout de suite, je n’oserais pas montrer celui d’Au-delà des Océans. Ce sont deux cousines, l’une a vécu DEUX expériences traumatisantes, souffre de troubles du sommeil (insomnie, cauchemars) et est limite autiste ; l’autre, ce n’est pas tant un traumatisme, mais elle est bloquée dans le temps, devient boulimique et vit la vie comme si c’était un calvaire. Sans compter les 40 membres de la famille que je dois réduire.
Ça va être drôle, je le sens…
(Mais j’adore.)