Tous les articles par Lily

J'ai toujours écrit, ou plutôt raconté des histoires, parce que mon style est plutôt... inexistant. Après 3 années d'études de science politique et une année sabbatique à Dublin, j'étudie depuis 2007 la communication dans une école lyonnaise. J'ai très envie de deux choses : écrire des slogans pour la publicité (conceptrice-rédactrice) ou communiquer autour d'événements concernant le jeu vidéo professionnel (chargée de communication, voire chargée de communication événementielle). J'essaierai autant que je le peux de donner des conseils, des pistes pour communiquer autour de romans en ligne, mais aussi de détailler ma méthode d'écriture, qui semble si étrange aux yeux de Ness.

Les dialogues

M’étant vraiment remise à écrire récemment, je me suis rendu compte d’un problème qui tue vraiment mes textes : les dialogues. Après y avoir pas mal réfléchi, j’en suis parvenue à distinguer plusieurs causes qui font que mes dialogues ne sont pas réalistes, et j’ai proposé à Ness de vous les exposer. J’ai quelques réponses, mais pas toutes, et ce ne sont que des suggestions, rien d’absolu. Je serais ravie de voir vos commentaires et vos propositions !

1. La place du dialogue

Quand utiliser un dialogue ? En général, j’utilise un dialogue… quand je ne peux pas faire autrement. J’exagère un peu, mais dans l’idée, c’est ça. En gros, j’utilise un dialogue quand il apporte quelque chose à l’histoire ou aux personnages. Soit il fait avancer l’intrigue (une révélation, notamment), soit il caractérise un personnage ou la relation entre les deux interlocuteurs. Je sais que beaucoup d’auteurs (comme Ness, d’ailleurs) les utilisent plus fréquemment, et qu’ils le font avec brio, mais j’ai du mal à manier les dialogues et je préfère me limiter.

2. Les différentes voix des personnages

Evidemment, personne ne parle de la même façon. Le problème, c’est que tous les personnages d’un roman et leurs dialogues sortent de l’esprit du même auteur, et donc forcément, ils ont tendance à tous parler de la même façon.

Là-dessus, je vous conseillerais un très bon article de io9 que vous pouvez retrouver ici. Comme il est en anglais, je vais résumer quelques conseils donnés par l’auteur :

  • écouter des vrais gens parler, dans un café par exemple
  • essayer d’écouter la voix des personnages (quelque chose me dit que c’est la technique de Ness ^^)
  • faire attention à qui s’adresse le personnage qui parle
  • donner des tics verbaux et/ou des mots habituels aux personnages
  • varier la longueur des phrases et la ponctuation…

Maintenant, je n’ai plus qu’à les suivre ^^ D’autres suggestions ?

3. La familiarité

La familiarité des dialogues est typiquement un problème que je n’ai jamais résolu. J’avoue ne lire que des romans en anglais, parfois des traductions, et je n’ai aucune idée de la façon qu’ont les auteurs français de se dépatouiller avec ce problème.

Pour mieux m’expliquer, un exemple bête : un de mes personnages sort une cigarette et demande à l’autre si ça le dérange. Comment poser la question ? Dans la vraie vie, un fumeur dirait quelque chose comme « ça te dérange pas ? », mais c’est trop familier pour un roman (à mon sens, tout du moins). Plusieurs possibilités s’offrent : « ça ne te dérange pas ? », « la fumée te dérange-t-elle ? »… J’ai finalement opté pour « est-ce que ça te dérange ? », mais du coup, j’arrive à un autre problème : toutes mes questions commencent par « est-ce que », parce que j’ai l’impression que les autres alternatives sont trop familières ou trop soutenues. Comment faites-vous, dans ce genre de cas ?

Je suis actuellement en train de lire Dead until dark de Charlaine Harris, et plusieurs de ses personnages ont une façon de parler très orale, mangeant des mots, utilisant de l’argot. De la même façon, dans Harry Potter, j’ai beaucoup aimé les dialogues d’Hagrid ou de Fleur, par exemple, parce qu’on les entendait vraiment parler. Par contre, j’ai l’impression que ces deux exemples ne fonctionneraient pas en français. Est-ce que vous pensez que c’est une spécificité de l’anglais de permettre cette liberté ou que l’on peut aussi s’autoriser en français à employer un langage familier, avec des tics de langage ?

4. Hors du dialogue

Ahem… C’est là que vient tout le problème. Interrompre le dialogue pour placer des pensées du personnage, une réaction physique de son interlocuteur ou autre.

Pour ce qu’il est des « dit-il », « demanda-t-il » et autres, je les évite, ça enlève la moitié des répétitions ^^ Le dialogue doit normalement pouvoir être compris sans ces mots, ou avec un minimum d’entre eux, surtout quand il n’y a que deux interlocuteurs. Je me rappelle d’une époque où je mettais systématiquement ou presque « demanda-t-il » ET « répondit-elle ». C’est une réponse, on s’en doutait sans que ce soit écrit. Et vu que la question lui était adressée à elle, évidemment que c’est elle qui répond. Cet exemple vous semble extrême ? C’est sûr, et pourtant, j’ai parfois envie de sortir un crayon rouge pour en rayer certains dans des romans publiés que je lis.

Par contre, je n’hésite pas à interrompre un dialogue pour détailler la pensée de mon personnage. Un petit exemple :

— Tu ne pourrais pas partir, on te manquerait trop, murmura James.

Sebastian ne s’en savait que trop capable. Il savait que partir voudrait dire qu’il avait été incapable de tenir sa promesse, qu’il fuyait, mais Dublin, l’Irlande, l’étouffaient.

Sebastian réfléchit (il devrait arrêter, d’ailleurs, ça lui fait du mal) et ça me permet de montrer des pensées qu’il n’exprimera pas à voix haute. Je profite généralement d’une question rhétorique ou d’une phrase qui n’appelle pas de réponse pour faire ça : on ne se met pas soudain à partir dans des pensées philosophiques quand quelqu’un nous parle ^^ De même, je fais attention à ce que ces réflexions restent relativement courtes.

Voilà donc une petite liste des problèmes que je rencontre avec mes dialogues. Rencontrez-vous les mêmes ? Comment les réglez-vous ? D’autres problèmes de votre côté ?

Place aux Livres 2008

Ce week-end, j’ai accueilli chez moi Ness, qui voulait aller au salon « Place aux Livres » qui avait lieu sur la place Bellecour à Lyon. Le week-end a été agréable, j’ai rencontré des gens géniaux, mais commençons par les mauvais points du salon : l’organisation.

Première surprise en arrivant : l’entrée est payante. 2 €, certes, mais rien n’était précisé sur le site. Nous entrons gratuitement grâce aux invitations d’Aurélia et Romain de Mille Saisons (merci encore), et rerentrerons plusieurs fois dans le week-end grâce à eux, car toute sortie était définitive.

J’ai également trouvé que le traitement réservé aux maisons d’édition n’était pas génial : interdiction de s’absenter de leur stand durant les horaires d’ouverture, même pour aller manger, des commissions assez incroyables sur le prix des livres… De plus, à part le dimanche, il n’y avait pas grand monde.

N’y ayant pas passé beaucoup de temps, j’ai surtout rencontré Aurélia et Romain de Mille Saisons, qui sont d’ailleurs venus manger des crêpes avec nous, c’était très sympa. Moi qui n’avais jamais vu leurs livres en vrai, j’ai été très agréablement surprise, ils sont magnifiques, et je vais me mettre aux Perles d’Allaya, de Gabriel Féraud dès demain !

Comme d’habitude, j’ai été très rapide et n’ai qu’effeuillé le sujet, mais Ness complètera avec une longue entrée remplie de photos, ne vous inquiétez pas !

Méthode de travail – Lily

*Un peu intidimidée* Bonjour à tous, je suis Lily, une amie de Ness depuis… quelques années maintenant et elle m’a demandé de faire un post sur ma méthode d’écriture. Il faut savoir que j’écris peu, difficilement et mal, mais que j’en ai vraiment besoin. C’est pour ça que j’ai une méthode très élaborée, vous allez vous en apercevoir.

Ness a toujours été très intriguée par ma méthode d’écriture. Probablement parce qu’elle est l’exacte inverse de la sienne. Je préfère raconter des histoires à écrire, j’aime faire vivre des personnages et je déteste passer du temps à chercher des mots. Donc je planifie. Il faut que tout soit parfaitement organisé pour que je me sente à l’aise dans l’écriture.

Je vais d’abord faire une liste des scènes que je veux voir. Suivant la taille du projet, ça va faire entre 2 et 4 feuilles doubles manuscrites. Voici le genre de choses que ça peut donner :

Une liste de scènes

(*petite note de Ness : pour voir les images en plus grand, clic droit et « ouvrir dans une nouvelle fenêtre »*)

Puis je les ordonne à peu près et je découpe mon histoire en parties.

Sur papier :

Coupure des tomes sur papier

Ou sur ordinateur :

Coupure des tomes sur ordinateur

Ensuite, je reprends intégralement ma liste et je répartis mes scènes dans les différentes parties. Ça me prend en général quelques semaines, et c’est en perpétuelle évolution. J’ai testé différentes techniques pour ordonner mes scènes : des post-it que je colle sur des pages différentes suivant les parties (je crois que c’est surtout ça qui avait étonné Ness), des feuilles où j’écris au stylo-plume et où j’efface, et plus récemment, directement dans un énorme fichier Excel.

Rangement des scènes avec des Post-It

Ensuite, je planifie mes personnages. Je fais des fiches, un peu comme en jeu de rôle, avec des informations diverses et variées (nom, surnoms, âge, apparence, caractère, aime/n’aime pas, pouvoir…), qui me font en général me demander comment tel ou tel personnage réagirait face à telle ou telle situation. Je vais ensuite généralement créer un Sim (dans les Sims 2, donc) pour finaliser l’apparence du personnage et pour mieux me l’imaginer. Je ne le fais pas toujours, mais assez souvent, surtout pour des personnages que j’ai du mal à cerner. Je vais aussi créer des schémas de relations entre les personnages. D’abord à la main, puis, quand ils sont assez aboutis, sur ordinateur.

Schéma de relations entre les personnages

Fiches (simplifiées) de personnages

Les noms de mes personnages sont aussi le sujet de moult recherches. Surtout dans À titre posthume, puisque rien que mes personnages principaux viennent de 3 pays différents (France, Irlande et Japon). Je peux passer des heures à m’arracher les cheveux sur un prénom, et il arrive que j’en change parce qu’ils me bloquent (Meg s’appelait avant Mei, et encore avant Annie, par exemple). Les prénoms que je choisis ont en général des significations correspondantes au personnage (je pense à un prénom en particulier qui, si on en cherche la signification, peut donner de très grands indices sur la suite de l’histoire), mais le plus souvent, c’est surtout une histoire d’origine et de sonorité.

Ensuite, je vais me créer une playlist qui corresponde à l’histoire, soit avec des chansons liées à des événements précis (Good enough d’Evanescence pour la fin de ma première partie par exemple), à des personnages (Love in Snow de Ueda Tatsuya pour Shin…) ou à l’histoire en général (Numb (piano version) de Linkin Park…). Ces chansons m’aident à me mettre dans l’ambiance pour écrire ou imaginer des scènes, et je vais les écouter en boucle. J’essaie aussi d’imaginer quelles musiques mes personnages écoutent, il me faut vraiment un fond sonore quand j’écris. Je vais parfois même jusqu’à écrire des chansons spécialement pour mes histoires.

Quelques chansons importantes dans À titre posthume

Je vais également beaucoup (et mal) dessiner : des bâtiments, des personnages, des scènes, des logos, des vêtements…

Le titre À titre posthume est le fruit d’un long brainstorming, qui a vu être refusés Baile Atha Cliath, Le secret du talisman, Manon… Je mentionne ça, parce que j’essayerai de faire un article sur la mise en place d’un brainstorming tel qu’elle se fait en agence de communication.

Dans cette entrée, j’ai souvent dit « ensuite », mais en fait, je fais tout en même temps : création des personnages, découpage des parties, playlist… J’espère que cette entrée a pu vous donner des idées et que vous ne me trouvez pas aussi bizarre que Ness !