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Note de lecture sur le livre intitulé Corrections, de T. Bernhard.

Après la mort par suicide de Roithamer, homme de science et architecte génial du Cône, le narrateur est chargé de mettre en ordre et d’archiver ses écrits en vue d’une édition posthume ; parmi ceux-ci l’ouvrage sur Altensam, d’où est originaire Roithamer, qui tient compte de la construction du Cône, a subi un étrange processus de correction de la part de son auteur. J’aimerais en rendre compte en le qualifiant de cas limite d’autocorrection.

 

Ma première remarque sera pour l’autocorrection. S’il est possible de corriger un écrit que l’on a soi-même commis, ce geste doit pourtant appeler une réserve. En effet, le correcteur arrive en position de tiers entre le texte et l’auteur : à ce titre, le correcteur est souvent appelé le « premier lecteur ». Or, l’autocorrection supprime cette fonction de tiers et ce détour nécessaire par l’autre. Cela revient, pour un médecin, à s’autodiagnostiquer, ou pour un psychanalyste, à s’auto-analyser (ce que Freud, en pionnier de la psychanalyse, a bel et bien fait, cf. L’Auto-analyse de Freud, Didier Anzieu). Notez que je distingue bien ici entre relecture et correction pure.

 

Voici en quoi cette correction de son œuvre par Roithamer est monstrueuse :

1) Sa correction correspond à une destruction.
Tout correcteur est conscient du caractère limité de son intervention sur un texte, qui plus est un texte littéraire ; il doit œuvrer dans le plus grand respect de l’auteur et se mettre entièrement à son service, dans le but de bonifier l’écriture. Dès lors, la démarche inverse, qui consiste à s’acharner sur un texte jusqu’à le faire disparaître, est tout à fait intéressante : il s’agit là d’une outrance du correcteur. Selon les termes de Thomas Bernhard, Roithamer a corrigé son étude « à mort ».

« Son assez longue étude sur Altensam […], il l’a de nouveau détruite en se mettant à la corriger et à la recorriger sans cesse et ici, dans la mansarde Höller, après la mort de sa sœur, il l’a finalement et définitivement réduite à néant par ses corrections incessantes, comme il le croyait, il l’a corrigée à mort et par là réduite à néant. » (p. 98)

2) Sa correction est un processus de réduction du texte.
Roithamer compose trois versions successives de son œuvre littéraire, inséparables, et issues l’une de l’autre. Sous l’effet du doute, qui serait le moteur même du processus de correction/rédaction, ces versions sont toujours plus courtes et plus denses : de huit cents pages, l’auteur passe à trois cents, puis à une synthèse de vingt pages, qu’il envisage de réduire encore puis de brûler — sans s’y résoudre.  

«  Que l’on pense : d’une matière comprenant plus de huit cents pages, finir par en tirer une ne comprenant plus que vingt ou trente pages, à ce que je sais, et ensuite avoir ainsi, d’une façon générale, mis en doute et détruit cette production tout entière, qu’il avait toujours désignée comme le plus important des produits capitaux de son esprit, l’avoir mise en doute et détruite, comme il le croyait, précisément par ce processus de renversement incessant de toutes ses pensées à l’intérieur de l’ensemble et de correction. » (p. 202) 

3) Sa correction est un retournement du sens.
Non content de parvenir  à une épure ou à un résumé, dont la tentation serait le « rien » ou un hypothétique degré zéro, le personnage transforme son étude de part en part : il engendre de la nouveauté à partir de l’objet pourtant achevé dans une première version et le retourne en un sens opposé. Inutile de préciser qu’une telle manœuvre de subversion par la correction serait un cauchemar pour n’importe quel auteur.

4) Cette correction « à mort » — à la fois destruction, réduction, et retournement du sens — est en fait l’achèvement même de l’œuvre.

« Son étude sur Altensam […], en retournant son sens par une correction totale, selon ses propres paroles, pour lui donner un sens opposé, il l’avait achevée. Effectivement, du fait que Roithamer, dans un processus infâme de correction, a retourné le sens de son étude pour lui donner un sens opposé, cette étude est devenue seulement alors une étude accomplie. » (p.99)

 

Dans ce processus de correction, il faut voir une métaphore du perfectionnisme obsessif du personnage et du soin méticuleux — finalement vain et inutile — qu’il a apporté à la construction de son œuvre majeure, destinée à sa sœur : le Cône d’habitation. Ce processus, tout d’ironie pour le monde de l’édition, n’est évoqué que dans deux brefs passages : le bouquin tourne en fait autour de la figure du narrateur, chargé de « trier et mettre en ordre » les écrits de l’architecte, puis autour du contenu du fameux rapport sur Altensam : détestation de l’Autriche, haine réciproque avec le personnage de la mère, exil en Angleterre… 

Améliorations du site, et correction de bug

J’ouvre ce billet pour Ness, elle le classera éventuellement dans une catégorie pour lui tout seul, mais il y quelques petites choses à améliorer, ou en tout cas, quelques problèmes, qui dépendent peut-être du navigateur employé et qui méritent d’être aplanis.

1) Je prend mon exemple (on n’est jamais mieux servi, etc…) : dans la petite fenêtre réservée aux commentaires, la taille de la police et le nombre de caractères mai prévu en largeur m’oblige à un scrolling latéral pénible, source d’arreurs de frappe, et je ne retrouve le bouton « Dites le » qu’en ramenant tout à gauche, sinopn il est caché. J’ai tout essayé, rien ne change. Vista, IE7, 1920*1280

2) Lorsqu’on s’est abonné à tous les fils, il devient impossible de modifier ses abonnements, on est abonné à vie. Le fait d’appuyer sur le bouton adhoc nous amène vers une vierge qui réclame sa clé (euh, non, il faut lire « vers une page vierge qui réclame un clé ».

Dans ce cas, le truc, c’est d’attendre qu’il y ait un nouveau fil d’ouvert, et de profiter de l’occasion pour lui sauter dessus (!?!) et d’utiliser le bouton, en bas, qui marche cette fois-çi, vous amenant sur la gestion de vos abonnements, à condition de s’abonner au fil nouveau (!?!), bref un truc sans fin, mais amusant.

Remarquez que moi, qui vient de sauter trop vite sur mon propre billet (je l’édite en ce moment), et bien j’y suis abonné automatiquement, donc gros-jean comme avant, et il faut que j’attende que quelqu’un d’autre fasse un billet, un auteur, par exemple, puisqu’on est sur un blog d’auteur, paraît-il, hein, Ness ?

3) Dans la lignée du point 2) ci-dessus, je suis bien abonné partout, mais je ne reçois aucun email. Je sens que je vais faire la manoeuvre inverse, et me désabonner de partout, ça doit être la bonne solution :phappy: des fois qu’on soit abonné par défaut et que le bouton fasse l’inverse de ce qu’il dit :pwink:

J’ai alors fait la manoeuvre qui tue, je me suis déconnecté, je suis entré sans me loguer, je suis allé en bas, je n’ai pas coché la case, j’ai inscris mon email pour recevoir les messages, sans faire de commentaire, et on me répond « Erreur, il apparaît que vous êtes déjà abonné à cet article » :postangry:

Voilà le lien direct qui apparaît sous « Gérer vos abonnements » : lien.