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Plot attack !

Imaginez que vous écrivez tranquillement (ou fébrilement) une scène bien tracée, qui suit son petit bonhomme de chemin. Vous êtes content de ce que vous avez fait (ou pas, tout dépend de votre personnalité), et vous terminez votre scène, avec la ferme intention de vous récompensez avec un paquet de biscuits ou un épisode de Dr House. Sur le chemin de la cuisine, bam !

Vous venez de vous faire attaquer par un nouveau développement de l’intrigue. Vite, très vite, les rouages se mettent en branle et vous voyez apparaître toutes les nouvelles possibilités apportées par ce tournant inattendu. Vous vous rendez compte que malgré les six mois que vous aviez passés à imaginer la ligne directrice de votre roman, les différentes scènes, le découpage des chapitres, ce nouveau développement de l’histoire, tracé vite fait bien fait en cinq minutes, est bien plus intéressant que tout ce que vous aviez pu imaginer auparavant.

Vous remettez tout un pan de l’histoire en question (un pan pas encore écrit, heureusement), vous vous posez, presque tremblant d’excitation, devant votre télé avec votre paquet de biscuits, et vous éteignez le poste au bout de quelques minutes, parce que de toute façon, Dr House, vous vous en fichez, vous n’avez plus qu’une idée en tête : développer cette nouvelle intrigue.

Bravo, vous venez de subir une plot attack :)

(je ne sais pas si ce terme existe, mais je trouvais ça plutôt approprié)

Et vous, plot attack or not plot attack ?

Remise en question, le retour !

Vous vous souvenez de ce post ? Eh bien, je tergiverse, je tergiverse, et… J’en suis arrivée à plusieurs autres conclusions :

  1. le nombre de planètes différentes me dérange, mais j’ai besoin d’avoir au moins TROIS planètes différentes dans l’Alliance Alpha pour que l’histoire fonctionne de manière réaliste. Alpha, Lambda, et… une autre planète dont je tairai le nom.
  2. je préfère recentrer l’action dans un système de planètes rapprochées, du style la Terre, Mars, Vénus. Pourquoi ? Une seule raison : la communication. Si un gus envoie un message à un autre gus sur une autre planète, si le message arrive quatre jours plus tard, c’est moyen. Sans compter que pour passer d’une planète à l’autre, c’est mieux aussi de ne pas mettre trois ans.
  3. donc, pour reprendre le point 2, je veux une communication assez rapide, mais je ne veux pas qu’on puisse faire le trajet « Alpha-Lambda » en quelques heures seulement. J’envisage un trajet assez long, du style « Paris-Auckland ». Pour toutes sortes de raisons, il ne faut pas que ce soit trop simple d’aller sur Alpha. Et soyons lucides, dans le monde que j’ai bâti, ce ne serait pas très logique de mettre 25 heures à faire le trajet « Paris-Auckland ».
  4. l’histoire du « fond de teint » mat pour cacher la pâleur du teint de Line et de Lúka, honnêtement, c’est hyper cheap. Donc ça, je vire. Et bon débarras.
  5. je vais aussi faire un assez gros changement à un niveau de l’histoire, qui n’aura pas vraiment d’incidence sur ce que vous avez déjà lu, mais bon, faut quand même ménager un peu le suspense, donc j’évite d’en parler ici :)

En tout cas, le tome 1 version papier sera différent de la version « roman en ligne » sur pas mal de points. Je me réjouis déjà de me plonger dans les corrections, et dans la réécriture complète du chapitre 1.

Ce roman aura ma peau

Je viens de terminer le chapitre IX-5, et j’ai bien cru que ce chapitre resterait éternellement inachevé, depuis le temps qu’il traînait sur mon ordi. Enfin, j’y ai mis le point final et il est tel que je l’espérais, même si je me suis évidemment laissé emporter par l’action et que mon mini-plan s’en est trouvé mis à mal. Du coup, je finirai ce pan de l’histoire avec le chapitre X-5, ce qui me convient bien aussi, parce que ça fait un chiffre rond.

Ce chapitre s’inscrit directement dans la lignée du chapitre charnière dont je parlais il y a quelques semaines : beaucoup de personnages à gérer, une action pas très présente car tout passe sous forme de sous-entendus et de rapports tendus, d’atmosphère malsaine, etc. J’ai évité le dialogue Line contre Line avec soin, mais je ne m’estime pas sauvée, loin de là…

Bientôt, je vais devoir affronter LE défi de cette cinquième partie : Alpha. Que ce soit sous forme de planète ou de supermégalopole, Alpha est bien plus évoluée technologiquement que Lambda, et je vais devoir me livrer à une activité que je n’aime guère : les descriptions. Je ne veux pas non plus tomber dans le cliché de la ville-technologie, avec ses architectures arrondies, ses voitures volantes, bref, l’an 2000 tel qu’imaginé dans les années soixante (un cookie à celui qui me trouve la référence !). Star Wars l’a fait, le 5ème élément l’a fait, et sans doute plein d’autres auxquels je ne pense pas maintenant, mais si je peux éviter de faire une ville qui ressemble à toutes les villes du futur et à tous les clichés populaires, ce serait pas mal. Cela dit, je vois mal comment procéder, vu qu’objectivement, c’est un peu à ça que ressembleront les villes dans 400 ans, si l’homme est toujours sur cette planète.

Le fait d’avoir décidé de faire d’Alpha une simple capitale sur un autre continent au lieu d’une planète-mère éloignée m’enlève déjà une sacrée épine du pied : je n’aurai pas besoin d’expliquer tout de suite la manière dont ils passent d’une planète à l’autre ^^

En tout cas, je ne pensais pas dire ça un jour, mais je serai drôlement contente lorsque j’aurai bouclé la cinquième partie, parce que ça me permettra d’avoir un regard d’ensemble sur le premier cycle. Peut-être que je prendrai même quelques mois pour écrire un autre roman, qui sait ?

Ecrire une longue saga, c’est difficile, et surtout, ça n’aide pas à se diversifier. Cela dit, heureusement que j’ai les Enfants de l’Ô, parce qu’avec ma maladie, je ne vois pas trop comment je pourrais me lancer dans d’autres écrits. Là, les personnages et l’histoire sont tellement bien définis dans ma tête que j’arrive quand même à avancer un peu, malgré mes problèmes de concentration.

Le seul problème que je vois, c’est que la cinquième partie est d’une grande complexité et j’ai un peu peur de la gâcher en ne parvenant pas à avoir l’esprit suffisamment concentré sur tous les petits trucs auxquels il faut absolument que je pense. Quand je vois que j’ai de la peine à écrire une phrase et que l’estimation de cette 5ème partie tourne autour de 150’000 mots (c’est une estimation par la négative, il est plus que probable que la 5ème partie fasse 200’000 mots), je me dis, waooo, encore un très très long chemin à parcourir pour boucler ce premier cycle !

Allez, on va croiser les doigts pour que je ne meure pas avant.

Méthode de travail – Vanessa

Après l’impressionnant article de Lily sur sa technique d’écriture, je vais vous parler de la mienne, très très différente. Les gens s’imaginent souvent que lorsque l’on écrit une longue saga comme les Enfants de l’Ô, on est très organisé, avec des listes partout, des fiches de personnages, une fresque chronologique très détaillée, des centaines de notes, etc. etc.

Ce qu’il faut savoir, c’est que je suis une personne extrêmement bordélique. Je me retrouve très bien dans mon désordre, mais il est vrai que j’aimerais parfois être plus organisée. Je travaille là-dessus, progressivement. J’ai même acheté un carnet spécial pour me faire des fiches de personnages et développer l’univers des Enfants de l’Ô. Pour l’instant, je n’y ai écrit qu’un truc, et qui n’est même pas important pour ce que j’écris actuellement.

L’histoire des Enfants de l’Ô a germé dans ma tête il y a de cela plus de dix ans (13, pour être exacte) et a tellement changé au fil du temps que seuls les personnages principaux (les jumeaux Tio et Tia Romavitch) sont restés, avec une minuscule partie de l’histoire. Il y a des avantages et des inconvénients à traîner une histoire sur si longtemps. On connaît parfaitement ses personnages, leur caractère, leur passé. Cela leur donne un certain réalisme. En revanche, on ne voit plus les défauts de son histoire (voir cet article), ce qui n’est pas bon du tout.

Je n’ai pas à proprement parler de méthode de travail. Je me mets devant mon écran ou devant ma feuille, et j’écris. J’ai, pour mon histoire, ce que j’appelle des « balises » : des passages obligés. Entre deux balises, je laisse l’histoire se développer toute seule. L’important, c’est d’arriver à la prochaine balise. Là encore, points positifs et points négatifs : l’histoire est dynamique, je ne m’ennuie pas en l’écrivant, mais elle a également tendance à prendre des proportions incroyables.

Certes, je pourrais cadrer mon histoire, écrire un plan détaillé, chapitre par chapitre, mais franchement, je préfère m’amuser un peu plus. Me retrouver à simplement lier des événements listés et parfaitement saucissonnés, cela ne me plaît pas. Pour moi, une grande partie de l’intérêt d’écrire réside dans le fait de découvrir l’histoire peu à peu.

Très souvent, lorsque je commence un chapitre, je ne sais qu’une partie de ce qui va s’y passer. L’autre partie arrive toute seule, quand je ne l’attends pas, et bien souvent, elle aboutit à de nouveaux développements de l’histoire, qui la rendent plus intéressante. Après un certain point, je suis obligée de faire des plans, par exemple lorsque l’histoire touche à sa fin. Mais je me connais : je prévois trois chapitres, je me retrouve avec trente.

Pour vous donner une petite idée, avant de réécrire ce qui est maintenant la première partie des Enfants de l’Ô, j’ai fait un plan détaillé, chapitre par chapitre. Actuellement, je me trouve, sur ce plan, au chapitre cinq… Les plans et moi, apparemment, ce n’est pas l’amour fou.

J’ai très souvent de nouvelles idées pour le roman quand je conduis, quand je suis dans la salle d’attente du médecin, juste avant de m’endormir, etc. etc. Du coup, je me balade toujours avec un petit calepin rempli de notes, que je ne relis jamais (d’où l’intérêt), puisque si l’idée est bonne, elle reste. J’ai également un dictaphone, parce que lorsqu’on se réveille à 3h du matin avec une idée géniale, on n’a pas forcément envie de remuer la pièce pour trouver une feuille et un stylo.

Cela dit, pour la correction en profondeur du roman, j’ai l’intention de poser quelques bases : une chronologie détaillée, des données bien étudiées sur le monde, son fonctionnement, des fiches pour les personnages secondaires (parce que j’ai l’air maligne quand je dois feuilleter mon bouquin pour retrouver comment s’appelle tel ou tel chercheur).

Mais bon, je vais quand même dévoiler quelques trucs, sinon cet article n’a pas tellement de sens. Avant de commencer un chapitre, je prends une feuille et j’y inscris les événements clés dudit chapitre, avec, à côté, une estimation du nombre de pages que prendra chaque événement. Le but étant d’arriver à garder des chapitres homogènes, pour éviter d’avoir un chapitre de 5 pages et un autre de 25. En général, mes chapitres font 6000 mots. J’avais commencé avec 5000, mais je me suis laissée dépasser. Les derniers chapitres d’une partie peuvent être plus longs. Cette contrainte m’aide à me cadrer, et vu le format que j’utilise (publication chapitre par chapitre sur internet), c’était presque indispensable.

Autre chose : je ne refuse rien aux personnages. Parfois, j’ai un développement bien arrêté pour un chapitre, et quand j’y place mes personnages, ils refusent tout net de suivre le chemin que j’ai créé pour eux. Alors je les laisse n’en faire qu’à leur tête, du moment que les balises sont respectées. L’histoire est plus intéressante à écrire pour moi, et surtout, je ne risque pas de tomber dans le OOC (out of character).

Voilà ! A vous !

Evolution

Aujourd’hui, j’ai pensé à mes pauvres lecteurs malheureux abandonnés dans leur coin, et au lieu de continuer mon chapitre 9-V, j’ai corrigé le chapitre 21-II pour publication sur le site. Comment dire… Je me suis arraché les cheveux ? Je me suis roulée par terre de désespoir ? J’ai hurlé à la mort pendant une demi-heure et mes voisins m’ont jeté des tomates ? Bref. Le temps passe vite, et je pense avoir pas mal évolué depuis l’écriture de ce chapitre. Je ne sais pas pourquoi il m’a marqué davantage que les chapitres précédents au niveau de la médiocrité du style, peut-être que j’étais particulièrement critique, ce soir, mais bon.

C’est incroyable les horreurs que j’ai retrouvées dans ce chapitre. La plus grosse : « Elle croisa les bras sur sa poitrine, une main sur l’épaule de Mikhail ». Oui, on ne le savait pas encore, mais Lyen, non contente d’avoir des yeux de chat, a également trois bras. La honte. Enfin, heureusement, je l’ai remarqué. Les phrases m’ont parues répétitives, toutes construites sur le même modèle, parfois construites de manière réellement biscornues. J’ai l’impression d’être une adepte de l’adage « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? » Et en effet. Pourquoi écrire « une robe faite spécialement pour elle » quand on peut écrire « une robe faite sur mesure », qui est exactement la même chose en plus simple ? Certaines phrases m’ont fait frémir d’horreur.

Je pense avoir rattrapé le coup pour la publication en ligne, mais il est clair que j’aurai un gros, un très très gros travail de correction à faire avant la publication papier.

C’est amusant de voir à quel point je fais attention maintenant à des lourdeurs de style que je n’aurais sans doute pas remarqué auparavant. C’est l’effet « une heure de relecture sur chaque chapitre de la première partie » qui se manifeste. Et j’ai bien écrit « relecture » et non « correction ». Car évidemment, j’envisage un peu plus (et c’est une euphémisme) d’une heure de correction par chapitre, vu le boulot…

Mais en même temps, ça me fait plaisir de voir que je remarque facilement mes erreurs et que je ne les commets plus dans mes écrits actuels. Je reste lucide, je suis sûre que dans deux ans, je serai horrifiée de mon niveau d’aujourd’hui et que je m’évanouirai de désespoir à la vue de ce que j’écrivais il y a quelques années.

L’écriture, c’est vraiment une évolution constante. On n’arrête jamais de s’améliorer, et on n’arrêtera jamais de s’arracher les cheveux en se relisant.