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Comment devenir un écrivain célèbre (quand personne ne nous connaît).

Je viens de tomber sur une vidéo qui circule sur facebook, où un jeune écrivain se tranche le doigt pour protester contre le milieu sectaire de l’édition. Je ne vous mets pas le lien, désolée, mais vu que j’ai mis un quart d’heure à lutter contre la nausée et que je vais sûrement faire des cauchemars pendant une semaine (je suis super sensible aux doigts coupés. Ça doit être l’effet piano), je préfère vous épargner. Surtout que je ne sais pas si c’est un fake ou pas.

Bref. Une petite liste (sérieuse ou pas) des moyens infaillibles pour devenir un écrivain célèbre quand vous n’avez pas publié un seul bouquin :

  • apparemment, se couper un membre devant la caméra et diffuser la vidéo sur le net a l’air de fonctionner. Ouch.
  • être actrice ou chanteuse et publier sa bio à 20 ans.
  • coucher avec un(e) inconnu(e) dans un jacuzzi (pas sûre de l’orthographe, et le correcteur me propose « éjaculer » à la place, donc je vais m’en remettre à mon intuition plutôt qu’à la sienne) devant plusieurs millions de téléspectateurs. Accessoirement, si l’on découvre que vous avez abandonné votre enfant à sa naissance, ça peut créer le buzz. Moyen, quand même.
  • être le fils de ou la fille de. Notez que si vous êtes le fils de Jean Dupont, ça ne marchera pas. A moins que Jean Dupont soit un criminel pédophile violeur zoophile (barrez la mention inutile) et que vous racontiez vos souvenirs d’enfance dans votre premier roman.
  • être une femme musulmane transexuelle battue violée qui s’est enfuie avec son enfant pour monter ensuite sa multinationale et devenir riche à millions (je suis un peu cynique, je l’admets. Mais il y a des sujets plus à la mode que d’autres. Notez que je ne suis pas du tout en train de renier la misère des gens dans le monde, je ne fais que constater que certains sujets fonctionnent bien).
  • Poser nu(e) et mettre ses photos partout sur internet.
  • Faire un blog et critiquer tout le monde avec véhémence.
  • Faire un blog et y raconter ses frasques sexuelles (avec beaucoup de détails).
  • Etre le responsable d’un attentat ou d’un crime. Bon, après, vous êtes en prison, mais tout le monde s’arrache votre livre.
  • Coucher avec un éditeur / écrivain célèbre (ou à défaut, poser sur ses genoux pour une photo ultramédiatique que 3 personnes verront. Ouais. A la réflexion, c’est moyen.).
  • Faire couler la Société Générale (ou essayer).
  • Avoir du talent Non, ça, ça ne marche plus.
  • Avoir gagné une médaille olympique.
  • Publier à compte d’auteur un roman tellement pourri que les gens l’achèteront pour se foutre de vous. En attendant, votre roman, vous l’aurez vendu. Vous serez connu comme la plus grosse daube que la littérature française ait enfanté, mais ce n’est pas ça l’important, si ?
  • Devenir Miss Monde ou Mister Univers.
  • Se marier avec le Président de la République. Beurk. Il y a de sacrifices qu’on n’a pas envie de faire.
  • Jouer dans un film pornographique
  • Envoyer son manuscrit un peu partout, attendre les lettres de refus, se faire publier par un grand éditeur qui vous fera une pub d’enfer dans toutes les librairies, passer sur les plateaux télé, obtenir le Goncourt ou le Renaudot, bref, le rêve de tout écrivain (ou presque). Ça a marché pour certains, pourquoi pas vous ? Euh… A la réflexion, ça aussi, c’est moyen, et c’est comme les miracles ou la loterie : on en entend parler, mais ce n’est jamais à vous que ça arrive.

D’autres suggestions ? Moi je me propose pour coucher avec Michael Crichton ou Stephen King. Ensuite, je prendrai plein de photos compromettantes, je les posterai sur le net, j’ouvrirai un blog pour y raconter mes ébats, je ferai une vidéo qui se retrouvera mystérieusement sur YouTube, et je finirai par poser nue dans PlayBoy, avant de passer sur les plateaux TV pour promouvoir « Moi, Vanessa », le livre autobiographique où je raconterai ma liaison avec Nicolas Sarkozy.

:sick:

extrait des liaisons presque dangereuses, de Luc Doyelle

Ses cuisses étaient moelleuses et tièdes comme deux petits pains sortis du four, et c’est tout naturellement que je pris sa main pour m’endormir comme un bébé. Elle ne l’entendait pas de cette oreille, et s’acharna à exercer des pressions sur ma paume pendant toute la durée du voyage. Pas moyen d’être tranquille dans cette voiture !

Le lendemain, sur la plage de l’Espiguette, alors que je demandais à la cantonade qui avait jeté des glaçons dans la mer, un drôle de poisson en maillot de bain se jeta sur moi pour me mordre les lèvres. Je ripostai avec courage. Le combat se termina par un match nul : soixante-douze points dans chaque camp. Une trêve fut négociée.

Élisabeth cachait fort habilement son jeu. Sous des dehors de jeune fille de bonne famille, grondait un tempérament de bohémienne. Elle vivait dans une caravane, à la lisière de Générac, et dansait tous les soirs le flamenco tandis que les Gipsy Kings jouaient Jobi, Joba à la guitare sèche. Tous les gars du village étaient là. Et Élisabeth, qui était simple et très sage, présumait que c’était pour voir les Gipsy Kings.

Un soir, je la rejoignis dans sa caravane. Après avoir essuyé deux coups de fusil du propriétaire des lieux[1], je m’engouffrai dans la roulotte moderne et repris mon souffle. Elle m’attendait, couchée, les bras ouverts. Je ressentis le besoin de prendre une douche.

(Le paragraphe suivant a été censuré par le Comité catholique des jeunes lecteurs de la paroisse de Jouy-sur-Yvonne. Veuillez nous excuser pour le désagrément.)

Nous nous promîmes monts et merveilles. Surtout des monts, car ma passion du ski était encore très forte. Je repartis pour le Jura, et il ne fallut pas longtemps pour que je décide de kidnapper mon employeur pour qu’il déchire le contrat de cinq ans qu’il m’avait fait signer le jour de mon embauche. Élisabeth avait empoché un diplôme d’ingénieuse, spécialité eaux, boues, sulfure d’hydrogène, rouille et autres sympathiques oxydations de tuyauteries. Elle était partie traîner ses sabots en Lorraine, et j’en profitai pour m’enrôler comme infirmier à Sarreguemines, en unité pour malades difficiles, catégorie Musclor, la prime de risque de 595 francs en témoignait sur mon bulletin de salaire. L’expression « malades difficiles » ne signifiait pas que les patients trouvaient la nourriture mauvaise, mais plutôt qu’ils auraient tué père et mère pour une cigarette. Certains, d’ailleurs, en étaient passés par là. Environ la moitié de la population hospitalisée, pour être précis. L’autre moitié était composée de psychotiques particulièrement imprévisibles, et tout l’arsenal thérapeutique était utilisé à seule fin de prévoir l’instant où l’un d’entre eux nous planterait un cure-dent entre les omoplates, les couteaux et fourchettes étant naturellement prohibés en ces lieux. Aussi, chaque fois que je croisais un patient se curant les dents, je me positionnais mentalement en garde, le poil hérissé, prêt à lancer mon uchi mata. Le patient le plus spontané, dans son genre, se prénommait Abdel et écrivait à ses parents, toutes les deux semaines, la même lettre :

Chers parents,

Je vous écris cette lettre pour vous demander si tout va bien et que moi aussi.

Envoyer moi au plus vite un radiocassette de marque AIWA.

Je vous embrasse,

Abdel

Les parents ne répondaient jamais, ce qui agaçait Abdel, qui passait alors le temps à fracasser des vitres de sécurité de dix centimètres de large, avec son front, puis à s’ouvrir les veines par l’ouverture pratiquée, histoire de vérifier s’il possédait, comme les autres, ses six litres de sang. S’il est vrai que la musique adoucit les mœurs, l’on pouvait observer que l’absence de musique provoquait l’effet inverse. Le cœur brisé par tant d’indifférence familiale, Abdel succomba à une crise cardiaque au cours de son ultime séance de casse frontale.


[1] Il est très difficile d’essuyer un coup de fusil. Cela demande une grande vivacité, ainsi qu’une précision hors norme.

Quelques infos sur les liaisons presque dangereuses.

A la demande générale (de Ness), voici le détail du parcours de ce premier roman

J’ai commencé l’écriture du roman à l’été 2006, ce qui m’a tenu en woody durant cinq mois (et en haleine aussi, par la même occasion).

Ensuite, j’ai pris Albin Michel en otage pour qu’il publie ce génial roman, mais la famille a refusé de négocier, ce qui m’a valu trois semaines de garde à vue et douze mois de séjour pénitentier à fleury Mérogis. Séjour durant lequel j’ai envoyé mon manuscrit à tous les grands éditeurs de la place de Paris. Mais le milieu étant une grande famille, j’étais grillé auprès des parrains de l’édition.

Je m’apprêtais à me faire Sepukku (ça sonne mieux que Hara Kiri, surtout depuis que le professeur Choron en a dévoyé le sens) dans une ruelle de Ste Colombe (Seine et Marne), lorsque le patron des Nouveaux Auteurs s’est penché vers moi et m’a posé la main sur le front. Outre que j’avais une fièvre fusillée (ou carabinée, rayez la mention inutile), il a senti un remarquable potentiel sous ma caboche. Il m’a accompagné chez lui, m’a fait couler un bain parfumé à la camomille, et m’a tendu une plume qu’il avait trempée dans mon propre sang, m’enjoignant à signer un contrat qui, disait-il, changerait ma vie pour toujours.

Et voilà… mon roman est paru en décembre dernier, il recueille tous les suffrages (d’où la déroute de l’UMP), à tel point qu’Amélie Nothomb a acheté une statuette à mon effigie, et tous les matins plante des aiguilles dans ce qui est censé représenter mon corps. Ça m’est parfaitement égal, car je crois aux bienfaits de l’acupuncture, et je me porte comme un charme depuis.

bon, me direz-vous, mais de quoi parle ce satané bouquin?

Bonne question, je vous remercie de l’avoir posée.

Imaginez un type quelconque. Il se prénomme Lucius. Infirmier. Mais aussi photographe. En outre, un ancien métier abandonné qu’il voudrait bien oublier. Mais voilà, sur un coup de tête que n’aurait pas renié Zinédine, il se lance à la recherche de Barbara. Son amour d’enfance. Bon, d’accord, Lucius a quarante-quatre ans, mais il n’est jamais trop tard pour faire une bêtise.

Et quelle bêtise! Son passé va lui exploser à la g.. figure comme un boomerang.

Je renonce à vous dévoiler la suite, car sinon vous n’achèterez pas ce roman révolutionnaire. Ce qui serait bien dommage.

bonne soirée à tous.

Lucius

Les liaisons presque dangereuses, roman drôle et émouvant de Luc Doyelle

Un grand merci à Vanessa pour m’avoir proposé un espace sur son blog.

J’ai publié, en décembre dernier, un roman humoristique aux éditions Les Nouveaux Auteurs : Les liaisons presque dangereuses.

Lucius, photographe et infirmier en milieu psychiatrique, se lance brusquement à la recherche de Barbara, un amour d’enfance disparu depuis de longues années. Peut-être aurait-il mieux fait de s’abstenir, car son passé va remonter par vagues et envahir son quotidien, au point de mettre en péril sa vie de couple.

Tout cela n’est qu’un prétexte à une succession de situations plus ou moins cocasses, mais parfois teintées d’émotion.

Ce roman rencontre actuellement un accueil chaleureux de la part de mes lecteurs, et je les remercie vivement pour tous les commentaires que je reçois régulièrement.

Edit de Ness : quelques liens, parce que le roman de Luc en vaut la peine :

Les Liaisons presque dangereuses, sur le site de l’éditeur, sur Amazon, et sur le blog de Luc !