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Quand on est obsessionnellement organisé…

Vanessa m’a gentiment proposé de partager ma méthode de travail il y a quelques mois, alors me voici. :-) J’écris en moyenne 1,5 roman par an et j’alterne littérature générale et fantasy. Je me plais et m’épanouis dans les deux genres. Est-ce qu’on peut trouver mes romans en librairie ? Pas encore. ;-) Je me suis éloignée du milieu éditorial pendant plusieurs années et pendant ce temps, j’ai continué d’écrire (c’est en forgeant, etc.). Beaucoup de choses ont changé depuis cette pause que je me suis imposée pour pouvoir me recentrer. Si je n’ai pas changé de genres d’histoire (mes romans, qu’ils soient contemporains ou fantasy, sont des romans psychologiques : j’exploite à fond les traumatismes et leurs conséquences : de l’agoraphobie à l’amnésie en passant par les troubles alimentaires ou du sommeil), ma plume s’est métamorphosée. Mais une chose n’a pas changé : je continue obsessionellement organisée. Je ne fais pas de plans ou de synopsis avant d’écrire une histoire mais elle ne partira pas dans tous les sens.

Je pars d’une intrigue simple et dès la première page d’un roman, mon héroïne est traumatisée. Mais avant de commencer à écrire, cette héroïne a déjà une vie. Je connais sa personnalité, comment elle réagit, ce qu’elle aime (ou pas), la musique qu’elle écoute. Je connais mes personnages quasiment par cœur. Même Clara (héroïne de mon roman Pour un jour volé au temps), amnésique, dont les réactions ne sont pas liées à sa personnalité mais à sa situation, a un historique précis.
Ensuite, lorsque j’écris, je note absolument tout. Au fur et à mesure que je développe mon histoire, je marque les moments importants et construis ma frise chronologique. De cette façon, je n’ai pas des incohérences qui apparaissent en cours de route. Rien que pour cette raison, je vénère Excel et bénis son inventeur jusqu’à la millième génération.
Pour Pour un jour volé au temps, la chronologie est au jour et à la semaine près. C’est pour cette raison que vous pouvez lire un mercredi 36 février ou vendredi 49 mai (non, ce n’est pas une erreur). Mais c’est le jour de la semaine avec le nombre de semaines passées depuis le « réveil (amnésique) » de Clara. La partie floue (tous les mots-clés) est une sorte de synopsis a posteriori. Si jamais j’ai besoin de présenter un synopsis à un éditeur, il est là, organisé, détaillé.


Ensuite, il y a le feuillet qui concerne les chapitres. J’ai besoin de savoir ce qui se passe dans chaque, qui sont les personnages (absolument tous, du principal à celui qui n’apparaît que dans une ligne).

En 1) le titre de chaque chapitre. Il faut savoir que mes chapitres n’ont jamais de titres sauf pour Clara.
2) Les sous-titres sont en réalité des extraits de mes propres poèmes, traduits pour l’occasion. Oui, la mégalomanie a fait un tour sur elle-même pour le coup. ;-)
3) Ce qu’on sait/découvre à propos de Carla. Elle est amnésique, elle est donc une toile totalement vierge. Le lecteur découvre qui elle est en même temps qu’elle. Ça va de son état, capacités intellectuelles, goûts alimentaires, la musique qu’elle écoute, les livres qu’elle lit…
4) Ce sont les personnages avec nom + âge + profession + lieu de naissance + lieu de résidence + description physique. Parce qu’il faut savoir, un personnage dont on ne connaît pas la couleur des yeux ou des cheveux, ça me frustre (dans mes lectures). Surtout quand je me fais une idée (genre brun aux yeux bleus) et en cours de route, l’auteur décide de dire qu’il est blond aux yeux marron. Ça me bloque, limite, je dois relire le livre pour mieux visualiser (et je déteste relire). Je ne veux pas provoquer cette même frustration chez mes lecteurs.
Le fichier Excel de Clara est un des plus simplifiés et réduits de tous mes documents. Là, tout de suite, je n’oserais pas montrer celui d’Au-delà des Océans. Ce sont deux cousines, l’une a vécu DEUX expériences traumatisantes, souffre de troubles du sommeil (insomnie, cauchemars) et est limite autiste ; l’autre, ce n’est pas tant un traumatisme, mais elle est bloquée dans le temps, devient boulimique et vit la vie comme si c’était un calvaire. Sans compter les 40 membres de la famille que je dois réduire.
Ça va être drôle, je le sens…
(Mais j’adore.)

Le début de la fin !

Ça y est, j’ai passé la barre des 50’000. Depuis hier soir, en fait. Je continue ma progression lente, beaucoup trop lente, vers les 75’000, tout en sachant que j’ai encore un boulot énorme après le 30 novembre pour terminer ce 5ème opus.

Mon roman me fait peur. Pas par sa longueur, non, après tout, ceux qui me connaissent savaient bien que j’allais écrire quelque chose d’énorme. Mais parce qu’avec ce 5ème tome, je boucle le premier cycle. Je ne peux pas en dire trop pour cause de spoiler, mais… Je crois que je vais avoir l’impression que quelqu’un de proche est mort, quand j’écrirai le point final. Au moins pour quelques jours. Pour le moment, j’ai une vague idée de la suite (enfin, non, je connais la suite), et repartir pour un tour me fait peur.

D’un autre côté, impossible d’arrêter. Si je ne me plonge pas directement dedans, je sens que je vais laisser ce roman de côté, repousser tout le temps le moment de commencer, pour finir par abandonner. Et je ne pourrais pas faire ça à mes lecteurs. Mais… un nouveau cycle, de nouveaux personnages, une nouvelle intringue, la perte de mon environnement familier, la séparation d’avec les personnages que je connais par coeur, que j’ai chéri pendant toutes ces années… C’est horrible. Franchement, je ne sais pas comment faire. Ça se trouve, je vais finir avec une dépression post-partum, ça ne m’étonnerait qu’à moitié.

Que faire ? Actuellement, les Enfants de l’Ô, c’est ce qui me permet de tenir (et en même temps, je m’épuise et me ruine la santé à terminer ce 5ème tome). J’ai vraiment peur de ce qui va se passer quand je bouclerai ce fameux 5ème tome, celui que j’aurai mis près d’un an et demi à écrire.

Le travail qui m’attend derrière me rassure en partie. Depuis le tout début, je repousse le moment de faire des fiches, de développer mon monde de manière logique (mais cette fois, l’apparente « incohérence » du monde futuriste qui ressemble à notre XXème siècle a été expliquée. Vieux motard que jamais, comme on dit. Après tout, expliquer à cent pages de la fin, c’est quand même expliquer !). Je sens que mon appartement va se tapisser de grandes frises chronologiques, que mon bureau va croûler sous un énorme plan, dans lequel je vais reprendre point par point CHAQUE scène de l’histoire. Que je vais m’arracher les cheveux en corrigeant le premier tome… Pffff… Drôle de truc, ce roman. Un peu comme un sale gosse qu’on est content de foutre en pension, mais qui nous manquera quand même.

NaNoWriMo – Work in Progress

Et voilà, la première entrée NaNo WIP. Je ne pense pas tenir un compte jour après jour, mais j’updaterai cette page avec la petite barre de statistiques du site de NaNo.

Pour l’instant, je ne suis pas en retard, c’est déjà ça :)
Update : hier soir, j’ai bien bossé, et… 7000 mots totalisés au compteur pour l’instant.

Petite update au 21 novembre… J’ai abandonné le goal de 50k. Non, définitivement, je n’y arriverai pas. Donc, je fonce, et je tente le 75k. Ce qui me laisse 25k de plus pour approcher la fin de mon 5ème tome, qui prend des proportions effrayantes (bon, toute raison gardée, hein, je ne suis pas en train de vous faire le seigneur des anneaux). Par contre, ce qui a été effrayant, c’est que Word n’a pas pu m’afficher le nombre de signes, espaces comprises, en entier, et m’en a tronqué un bout… Bon, c’est mon écran qui devait être trop petit, j’imagine.

En tout cas, ma prévision originelle de 150k pour ce 5ème tome était clairement utopique. Je penche maintenant vers les 250k. J’en suis à 190k, j’espère (mais espoir vain, je sais) terminer autour des 220k, sachant qu’il me reste pas mal de trucs à dire et que le dernier chapitre fera à lui seul sans doute autour des 20k… Pfff…

Après ça, franchement, je crois que je me laisse mourir dans un coin.

Les paris sont ouverts. Il me reste 8 jours pour écrire 30k, qui pense que je peux le faire ? Qui pense que je vais me viander ? Qui s’en fout ?

NaNoWriMo

Késako ? Pour ceux qui ne connaissent pas encore, le NaNoWriMo est le National Novel Writing Month. Depuis 1998, chaque mois de novembre, les participants se réunissent pour affronter un défi commun : écrire 50’000 mots en 1 mois. Le but n’est pas de continuer un roman existant, mais d’écrire quelque chose de tout nouveau, sans revenir en arrière, sans se bloquer sur le style, et, en gros, d’écrire le premier jet d’un roman en 1 mois.

J’ai participé de manière non-officielle en 2005, lorsque j’ai écrit le premier tome des Enfants de l’Ô. Non-officielle, car j’avais déjà 10’000 mots avant de commencer (alors qu’on est censé commencer le 1er novembre et pas avant) et qu’il s’agissait d’une histoire « ancienne ». Cela dit, j’ai écrit 65’000 mots, et j’ai continué ensuite pendant le mois de décembre, ce qui m’a permis de terminer ce premier tome assez rapidement.

Le NaNoWriMo (abbrégé NaNo) est un vrai défi disciplinaire, pour ceux qui ont du mal à s’atreindre à un nombre de mots fixe chaque jour. 50’000 mots en 30 jours correspondent à un total quotidien de 1667 mots, si je me souviens bien (pas envie de refaire le calcul).

En ce moment, c’est l’effervescence sur les forums et dans les communautés d’écriture : Nano J-7 ! Cette année, je ne pensais pas participer, parce que je n’avais pas prévu d’être aussi en retard sur mon planning. J’ai fait une espèce de grosse rechute suite à l’arrêt de mes médicaments (demandé par mes médecins), donc depuis lundi, je passe mon temps à dormir et j’ai écrit… 1 ligne. Normalement, je teste un nouveau médoc mercredi (enfin, j’espère…), j’imagine qu’il y aura 10’000 effets secondaires, mais logiquement, j’aurai davantage d’heures de veille utilisables pour l’écriture. Car écriture il y aura, étant donné qu’il me reste… environ 50’000 mots pour terminer ce 5ème tome (évalué « à la Ness », donc ça se trouve, ce sera plutôt 65’000, mais je vais tout faire pour limiter le nombre de mots). Du coup, je participe cette année encore, de manière inofficielle (même si je suis inscrite sur le site pour suivre les avancées de mes « writing buddies »), et je vais faire mon possible pour terminer ENFIN ce 5ème tome :)

A partir du 1er novembre, je mettrai la petite barre « compte de mots ». Un peu double-emploi avec mes barres « compte de mots » à moi, mais ça permettra de voir l’avancée sur le mois :)

Et vous ? Nano or not nano ?

Silence radio

Je suis toujours en vie ^^

En fait, pas écrit depuis des jours, en partie parce que mes journées ont été chargées (arrivée d’un nouveau petit chat, soldes, ménage, trucs administratifs et médicaux), en partie aussi parce que j’ai une absence totale de motivation à l’idée de recopier à peu près 9000 mots faits sur feuilles libres. Certes, je pourrais reprendre l’histoire direct sur ordi là où je l’ai arrêtée sur papier et recopier le tout plus tard, mais je déteste rompre la continuité, et comme je corrige également lorsque je recopie, j’ai peur de perdre l’ambiance de départ si je recopie tout ça dans un ou deux mois…

Mais j’ai en tête une future entrée sur des romans en ligne, que j’ai envie d’écrire depuis le début de ce blog, en fait, donc d’ici demain soir normalement, il y aura du neuf ici au moins !

Des avantages et des inconvénients du plan

Comme vous le savez tous, à présent (enfin, je pense), je me suis engagée à écrire 1000 mots par jour. Promesse tenue jusqu’à maintenant, à l’exception de mon voyage à Nice (il me reste encore 4800 mots à rattraper). En conséquence de quoi, j’avance plutôt bien dans le roman, puisque j’ai terminé hier soir le chapitre XIII-5.

Cependant, je me suis dit qu’il était plus que temps de faire un plan, histoire de ne pas partir dans tous les sens si près de la fin (enfin, près de la fin, il reste au moins la moitié, mais passons). Je me suis donc traînée jusqu’à la plage (ça, je le mets juste pour vous dégoûter), j’ai pris mon papier, mon stylo, et ma feuille d’éléments à placer avant la fin (oui, j’avais quand même un truc comme ça, malgré mon absence totale d’organisation. Notez bien que j’ai mis plusieurs heures à le retrouver, ce qui tend à prouver son utilisation fréquente et régulière…).

J’ai passé une petite demi-heure à faire le plan des trois prochains chapitres, avec, à côté de chaque scène, une approximation du nombre de pages, afin d’être sûre de ne pas avoir un chapitre de trente pages puis un autre de cinq…

J’en viens au sujet de cette entrée, à savoir les avantages et les inconvénients du plan. Là, beaucoup vont dire (enfin, les deux trois personnes qui viennent sur le blog) que le plan, c’est génial, que c’est indispensable, que c’est la clé de voûte du roman, la huitième merveille du monde, et que sans plan, un roman est forcément nul et déstructuré. Je pense qu’un plan est parfois nécessaire, mais que bien souvent, à vouloir trop détailler, on perd l’essentiel : la spontanéité du récit. Et pour moi, la création d’un plan hyper détaillé représenterait à coup sûr la mort du roman, car mon petit plaisir, c’est de me laisser porter par l’histoire et de la découvrir en même temps que je l’écris. Si je fais plusieurs semaines de préparation pour ne rien laisser au hasard, je ne deviens plus qu’une rédactrice, et ça m’ôte tout le plaisir de l’écriture. En plus, cela empêcherait mes personnages de prendre le contrôle et enlèverait leur réalisme.

Néanmoins, un plan présente évidemment de nombreux avantages, sinon, personne n’en ferait. Bien souvent, il nous permet de remarquer LA grosse incohérence que nous avions négligée, et surtout, il donne un cheminement logique à l’histoire, cheminement que j’ai parfois tendance à perdre de vue dans les Enfants de l’Ô à cause des nombreuses intrigues en parallèle, et surtout, de la longueur du roman (un peu plus de mille pages à ce jour. Et NON, François, je n’ai pas l’intention de couper pour en faire un bouquin de 150 pages, pas la peine de le proposer dans les commentaires ^^ Je te connais !). A chaque fois que j’arrive vers la fin d’une partie (enfin, d’un tome, vu que j’ai finalement opté pour ce terme), je fais un plan pour les cinq à six derniers chapitres, pour être sûre de ne rien oublier. Evidemment, je ne suis qu’à moitié ce plan, mais au moins, il me permet de me mettre les idées au clair.

Ici, comme il s’agit du tome final d’un cycle, beaucoup de réponses sont données (pas autant que vous ne le voudriez, je le crains…), et je clos plusieurs intrigues (on va savoir qui est la femme en noir :)). Donc je m’y prends un peu plus à l’avance que d’habitude.

Mes plans sont très succins, ils présentent les scènes (sans aucun détail, juste « Scène Lúka + Line à propos de machin truc ») avec une approximation du nombre de pages. C’est tout. Ce sont désormais mes nouvelles balises, que je décide de respecter, et entre lesquelles j’ai bien sûr le champ libre pour rajouter quelque chose. Ce qui fait qu’en règle générale, si je décide de faire un plan pour les chapitres 14, 15, 16 et 17, bien souvent, j’arrive au chapitre 17 tout en étant encore, au niveau des balises, à l’action du chapitre 15. Du coup, je refais un plan, avec les nouveaux éléments.

Et vous, avec ou sans plan ? J’ai déjà évoqué le problème du plan dans Méthode de travail, mais je voulais m’y attarder un peu plus.

Discipline

Comme François l’a dit très justement dans un commentaire, je suis une grosse feignasse. Même si je suis crevée les trois quarts du temps, j’ai quand même dans la journée des moments où je pourrais écrire, et si je ne le fais pas, c’est clairement par fainéantise. Evidemment, je me trouve d’autres excuses : je n’arrive pas à me concentrer (ce qui est tout à fait vrai), je n’ai pas d’inspiration, ce que j’écris est nul, etc. etc.

Cela dit, mon roman ne va pas s’écrire tout seul, donc il va falloir que je trouve une solution. Apparemment, ma fatigue ne disparaîtra pas de sitôt, je vais devoir faire avec.

Dès demain, je m’impose une nouvelle discipline : écrire 1000 mots tous les jours. C’est un peu comme le NanoWriMo (1700 mots/jour pour le Nano si on veut atteindre le but de 50’000 mots en un mois en écrivant régulièrement, si ma mémoire est bonne), sauf que contrairement au Nano, je ne me fixe aucun but particulier, mais un nombre de mots à respecter chaque jour.

Même si j’écris 3000 mots un jour (on peut rêver, ceci dit, dans mes grands moments, j’étais capable de 15’000 mots par semaine), il faudra que j’écrive mes 1000 mots le jour suivant.

Je crois que c’est la seule solution pour avancer. Gaby, je te prends personnellement à témoin, et tu seras responsable de me botter les fesses à Nice si je n’ai pas respecté mon engagement. Lily, tu as la lourde tâche de me harceler si tu sens que je flanche.

Maintenant, il me faut une punition si je n’arrive pas à respecter cet engagement. Quelqu’un a une idée ? (bon, je vous préviens tout de suite, on va éviter les coups de fouet)

Méthode de travail – Vanessa

Après l’impressionnant article de Lily sur sa technique d’écriture, je vais vous parler de la mienne, très très différente. Les gens s’imaginent souvent que lorsque l’on écrit une longue saga comme les Enfants de l’Ô, on est très organisé, avec des listes partout, des fiches de personnages, une fresque chronologique très détaillée, des centaines de notes, etc. etc.

Ce qu’il faut savoir, c’est que je suis une personne extrêmement bordélique. Je me retrouve très bien dans mon désordre, mais il est vrai que j’aimerais parfois être plus organisée. Je travaille là-dessus, progressivement. J’ai même acheté un carnet spécial pour me faire des fiches de personnages et développer l’univers des Enfants de l’Ô. Pour l’instant, je n’y ai écrit qu’un truc, et qui n’est même pas important pour ce que j’écris actuellement.

L’histoire des Enfants de l’Ô a germé dans ma tête il y a de cela plus de dix ans (13, pour être exacte) et a tellement changé au fil du temps que seuls les personnages principaux (les jumeaux Tio et Tia Romavitch) sont restés, avec une minuscule partie de l’histoire. Il y a des avantages et des inconvénients à traîner une histoire sur si longtemps. On connaît parfaitement ses personnages, leur caractère, leur passé. Cela leur donne un certain réalisme. En revanche, on ne voit plus les défauts de son histoire (voir cet article), ce qui n’est pas bon du tout.

Je n’ai pas à proprement parler de méthode de travail. Je me mets devant mon écran ou devant ma feuille, et j’écris. J’ai, pour mon histoire, ce que j’appelle des « balises » : des passages obligés. Entre deux balises, je laisse l’histoire se développer toute seule. L’important, c’est d’arriver à la prochaine balise. Là encore, points positifs et points négatifs : l’histoire est dynamique, je ne m’ennuie pas en l’écrivant, mais elle a également tendance à prendre des proportions incroyables.

Certes, je pourrais cadrer mon histoire, écrire un plan détaillé, chapitre par chapitre, mais franchement, je préfère m’amuser un peu plus. Me retrouver à simplement lier des événements listés et parfaitement saucissonnés, cela ne me plaît pas. Pour moi, une grande partie de l’intérêt d’écrire réside dans le fait de découvrir l’histoire peu à peu.

Très souvent, lorsque je commence un chapitre, je ne sais qu’une partie de ce qui va s’y passer. L’autre partie arrive toute seule, quand je ne l’attends pas, et bien souvent, elle aboutit à de nouveaux développements de l’histoire, qui la rendent plus intéressante. Après un certain point, je suis obligée de faire des plans, par exemple lorsque l’histoire touche à sa fin. Mais je me connais : je prévois trois chapitres, je me retrouve avec trente.

Pour vous donner une petite idée, avant de réécrire ce qui est maintenant la première partie des Enfants de l’Ô, j’ai fait un plan détaillé, chapitre par chapitre. Actuellement, je me trouve, sur ce plan, au chapitre cinq… Les plans et moi, apparemment, ce n’est pas l’amour fou.

J’ai très souvent de nouvelles idées pour le roman quand je conduis, quand je suis dans la salle d’attente du médecin, juste avant de m’endormir, etc. etc. Du coup, je me balade toujours avec un petit calepin rempli de notes, que je ne relis jamais (d’où l’intérêt), puisque si l’idée est bonne, elle reste. J’ai également un dictaphone, parce que lorsqu’on se réveille à 3h du matin avec une idée géniale, on n’a pas forcément envie de remuer la pièce pour trouver une feuille et un stylo.

Cela dit, pour la correction en profondeur du roman, j’ai l’intention de poser quelques bases : une chronologie détaillée, des données bien étudiées sur le monde, son fonctionnement, des fiches pour les personnages secondaires (parce que j’ai l’air maligne quand je dois feuilleter mon bouquin pour retrouver comment s’appelle tel ou tel chercheur).

Mais bon, je vais quand même dévoiler quelques trucs, sinon cet article n’a pas tellement de sens. Avant de commencer un chapitre, je prends une feuille et j’y inscris les événements clés dudit chapitre, avec, à côté, une estimation du nombre de pages que prendra chaque événement. Le but étant d’arriver à garder des chapitres homogènes, pour éviter d’avoir un chapitre de 5 pages et un autre de 25. En général, mes chapitres font 6000 mots. J’avais commencé avec 5000, mais je me suis laissée dépasser. Les derniers chapitres d’une partie peuvent être plus longs. Cette contrainte m’aide à me cadrer, et vu le format que j’utilise (publication chapitre par chapitre sur internet), c’était presque indispensable.

Autre chose : je ne refuse rien aux personnages. Parfois, j’ai un développement bien arrêté pour un chapitre, et quand j’y place mes personnages, ils refusent tout net de suivre le chemin que j’ai créé pour eux. Alors je les laisse n’en faire qu’à leur tête, du moment que les balises sont respectées. L’histoire est plus intéressante à écrire pour moi, et surtout, je ne risque pas de tomber dans le OOC (out of character).

Voilà ! A vous !

Méthode de travail – Lily

*Un peu intidimidée* Bonjour à tous, je suis Lily, une amie de Ness depuis… quelques années maintenant et elle m’a demandé de faire un post sur ma méthode d’écriture. Il faut savoir que j’écris peu, difficilement et mal, mais que j’en ai vraiment besoin. C’est pour ça que j’ai une méthode très élaborée, vous allez vous en apercevoir.

Ness a toujours été très intriguée par ma méthode d’écriture. Probablement parce qu’elle est l’exacte inverse de la sienne. Je préfère raconter des histoires à écrire, j’aime faire vivre des personnages et je déteste passer du temps à chercher des mots. Donc je planifie. Il faut que tout soit parfaitement organisé pour que je me sente à l’aise dans l’écriture.

Je vais d’abord faire une liste des scènes que je veux voir. Suivant la taille du projet, ça va faire entre 2 et 4 feuilles doubles manuscrites. Voici le genre de choses que ça peut donner :

Une liste de scènes

(*petite note de Ness : pour voir les images en plus grand, clic droit et « ouvrir dans une nouvelle fenêtre »*)

Puis je les ordonne à peu près et je découpe mon histoire en parties.

Sur papier :

Coupure des tomes sur papier

Ou sur ordinateur :

Coupure des tomes sur ordinateur

Ensuite, je reprends intégralement ma liste et je répartis mes scènes dans les différentes parties. Ça me prend en général quelques semaines, et c’est en perpétuelle évolution. J’ai testé différentes techniques pour ordonner mes scènes : des post-it que je colle sur des pages différentes suivant les parties (je crois que c’est surtout ça qui avait étonné Ness), des feuilles où j’écris au stylo-plume et où j’efface, et plus récemment, directement dans un énorme fichier Excel.

Rangement des scènes avec des Post-It

Ensuite, je planifie mes personnages. Je fais des fiches, un peu comme en jeu de rôle, avec des informations diverses et variées (nom, surnoms, âge, apparence, caractère, aime/n’aime pas, pouvoir…), qui me font en général me demander comment tel ou tel personnage réagirait face à telle ou telle situation. Je vais ensuite généralement créer un Sim (dans les Sims 2, donc) pour finaliser l’apparence du personnage et pour mieux me l’imaginer. Je ne le fais pas toujours, mais assez souvent, surtout pour des personnages que j’ai du mal à cerner. Je vais aussi créer des schémas de relations entre les personnages. D’abord à la main, puis, quand ils sont assez aboutis, sur ordinateur.

Schéma de relations entre les personnages

Fiches (simplifiées) de personnages

Les noms de mes personnages sont aussi le sujet de moult recherches. Surtout dans À titre posthume, puisque rien que mes personnages principaux viennent de 3 pays différents (France, Irlande et Japon). Je peux passer des heures à m’arracher les cheveux sur un prénom, et il arrive que j’en change parce qu’ils me bloquent (Meg s’appelait avant Mei, et encore avant Annie, par exemple). Les prénoms que je choisis ont en général des significations correspondantes au personnage (je pense à un prénom en particulier qui, si on en cherche la signification, peut donner de très grands indices sur la suite de l’histoire), mais le plus souvent, c’est surtout une histoire d’origine et de sonorité.

Ensuite, je vais me créer une playlist qui corresponde à l’histoire, soit avec des chansons liées à des événements précis (Good enough d’Evanescence pour la fin de ma première partie par exemple), à des personnages (Love in Snow de Ueda Tatsuya pour Shin…) ou à l’histoire en général (Numb (piano version) de Linkin Park…). Ces chansons m’aident à me mettre dans l’ambiance pour écrire ou imaginer des scènes, et je vais les écouter en boucle. J’essaie aussi d’imaginer quelles musiques mes personnages écoutent, il me faut vraiment un fond sonore quand j’écris. Je vais parfois même jusqu’à écrire des chansons spécialement pour mes histoires.

Quelques chansons importantes dans À titre posthume

Je vais également beaucoup (et mal) dessiner : des bâtiments, des personnages, des scènes, des logos, des vêtements…

Le titre À titre posthume est le fruit d’un long brainstorming, qui a vu être refusés Baile Atha Cliath, Le secret du talisman, Manon… Je mentionne ça, parce que j’essayerai de faire un article sur la mise en place d’un brainstorming tel qu’elle se fait en agence de communication.

Dans cette entrée, j’ai souvent dit « ensuite », mais en fait, je fais tout en même temps : création des personnages, découpage des parties, playlist… J’espère que cette entrée a pu vous donner des idées et que vous ne me trouvez pas aussi bizarre que Ness !