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ME II : 12. Dans quelle histoire pensez-vous avoir fait le meilleur travail de création de monde ? Des anecdotes que vous voulez partager ?

12. Dans quelle histoire pensez-vous avoir fait le meilleur travail de création de monde ? Des anecdotes que vous voulez partager ?

Bon, encore une fois, la réponse va être évidente : les Enfants de l’Ô. Il faut dire que mon autre roman est de la littérature générale, donc je n’ai pas eu à faire de la création de monde.

Quant aux anecdotes… Non, à part que je suis vraiment, mais alors vraiment nulle pour la création de monde. J’ai adapté l’histoire à ma nullité, d’ailleurs, en faisant évoluer mes personnages dans un monde assez similaire à la Terre des années 1990-2000. C’est aussi par choix. Mon envie n’était pas de faire un roman de science-fiction où le monde est plus important que les persos, mais bien de faire une saga familiale, donc le monde est là comme support, et pas comme pièce principale du puzzle.

THE Dilemme

Avec un grand THE et un grand D parce que ça fait déjà plusieurs années que je le traîne, celui-là… Bon, comme vous le savez sûrement, je suis en grande « correction / réécriture partielle » de mon premier tome, et j’ai donc pris en compte les remarques (multiples) de mes lecteurs. Une remarque qui revenait très fréquemment, c’était celle sur la confusion entre les deux époques différentes dans lesquelles le bouquin se déroulait. Évidemment, moi je n’ai jamais trouvé ça confus car au final c’était très simple de s’y retrouver quand on avait compris que le seul perso qui se « déplaçait » entre les deux époques était Lúka, et que les autres restaient gentiment plantés toujours dans la même époque. Bref, je ne suis sans doute pas le bon exemple de lecteur lambda.

J’en viens aux faits… Ma solution à ce problème : donner au début de chaque changement d’époque une date et un lieu, comme ça, plus de confusion possible. Cette solution a été approuvée par plusieurs personnes. Oui, mais…

Mais maintenant se pose THE Dilemme : pour la faire brève (et caricaturer à gros traits car mon bouquin ne parle pas du tout de ça) il y a des gens qui vivent sur la Terre dans mettons une cinquantaine d’années, et d’autres qui vivent sur une autre planète, dans environ 300 ans (ou peut-être 400, ou 500, j’ai pas encore décidé, mais on s’en tape, ça ne change rien au problème). Comme bien souvent dans les grands clichés de la SF (dont je me sers à tour de bras car je préfère me concentrer sur les persos et que le background historique / politique / économique / … , soyons sérieux, j’en ai rien à braire), la nouvelle planète s’est frittée avec la Terre, résultat, les deux sont en guerre, et blablabla et blablabla. Pas original, je sais, mais je cherchais pas à faire original. Avec une histoire aussi compliquée que celle des Enfants de l’Ô, la dernière chose dont j’avais besoin, c’était un monde complexe, un environnement difficile à comprendre, et toutes sortes de choses qui ne servent à rien mais qui rendent l’histoire plus réaliste. Mais comme je ne suis pas Frank Herbert et que je n’ai pas son talent, j’ai un peu zappé tout ça pour me concentrer sur ce qui m’intéressait moi : les personnages.
Alors ces deux planètes se mettent sur la gueule depuis des années, et évidemment, la nouvelle planète a réclamé son indépendance (« and today is our Independence Dayyyyy!!!! » quelqu’un a saisi la référence ? ^^). Et par souci de « tout ce qu’il y avait avant c’était de la merde, créons notre propre monde où tout est mieux que chez les autres », les habitants ont, sans doute, décidé de le customiser un peu (« et là, on va… dégager les angles !!! »).

J’en arrive au coeur du problème (après avoir perdu sans doute une dizaine de lecteurs potentiels qui ont dû se dire « mais c’est qui cette débile ??? ») : au début de chacune de mes époques, donc, je vais mettre une date. Bon, c’est vrai, je pourrais me la jouer grand cliché de la SF, avec un truc à la « 0600 ST (standard time) 04/17/2482″, mais je ne sais pas pourquoi, ça me tente moyen. C’est comme les trucs qui se passent dans cinq cents ans avec leurs 350 planètes-colonies peuplées chacune de plusieurs millions d’habitants (« Chers écrivains de SF… Les humains, c’est pas comme les souris, ça vous pond pas 12 bébés toutes les trois semaines »). (oui, je sais, j’ai fait ça moi aussi, mais j’étais jeune)

Donc la date, je la vois plus comme un truc du genre 24 février 2059, qui fait moins « cheap science-fiction » que ce que j’ai mentionné plus haut (là, je vais me faire haïr par les écrivains de SF qui ont fait ça… en même temps, je ne vise personne, je n’ai jamais lu de SF française. J’aurais peut-être dû, du coup). Mais voilà où le bât blesse : pour ma nouvelle planète et ses chers habitants qui étaient si contents de rejeter tout ce qu’il y avait avant, est-il plausible qu’ils gardent les mêmes noms de mois, de jours ? (là vous allez sans doute me faire la réflexion qu’il n’y a pas le même nombre de jours sur ma nouvelle planète, que ce n’est pas possible, etc. Mais en fait, si, à peu de choses près, il y a le même nombre de jours, et même que c’est pas possible et que c’est pour ça que c’est fait exprès, merci aux gens qui ont pensé (et il y en a eu) que c’était juste n’importe quoi et que je n’avais pas réalisé que la probabilité était infime pour qu’un truc comme ça arrive)

J’avoue, je l’ai dit plus haut, je ne lis pas de SF française (c’est sans doute un tort, mais c’est juste que, ben… allez-y, en fait, proposez-moi des bouquins, je serais ravie d’en lire, juste qu’à maintenant je me suis concentrée sur les grands auteurs américains, mais il y a sans doute des auteurs français tout aussi géniaux). Je ne sais donc pas comment ça se passe dans la littérature francophone. Je sais juste que je n’ai pas envie d’un 0600 ST (standard time) 04/17/2482. Par contre, je lis de la fantasy (précision : je corrige de la fantasy, c’est d’ailleurs la seule occasion dans ma vie où je lis de la fantasy car je n’aime pas ça (grosse contradiction, car j’ai beaucoup aimé tous les romans que j’ai corrigés / relus), ce n’est pas trop mon truc. En fait, mon truc, c’est la littérature générale. On dirait pas, comme ça, mais si). Et en fantasy, il y a toujours des super calendriers inventés qui déchirent tout, avec des noms de jours, des noms de mois, des trucs tout le temps très sympas (et souvent aussi des petites notes façon « extrait de bouquin d’histoire du mage Bidule ». J’aime bien, mais ça fait très fantasy. Cela dit c’est un excellent moyen de placer son univers sans saouler le lecteur pendant le récit).

Bon, pour ceux qui ont lu jusque-là (merci !!! Je vous assure que mon bouquin ne ressemble pas à mes notes de blog), THE Dilemme va enfin être dévoilé. Sachant que mon bouquin n’est pas de la fantasy mais de la SF, serait-il plausible que les gens aient inventé un nouveau calendrier pour se détacher de l’ancien régime (toute référence à Napoléon et à ses Brumaire & Co est purement fortuite, évidemment) ? Auquel cas, c’est bon, j’ai un calendrier très cool (merci Lily !!!), j’ai même potentiellement des jours de la semaine très sympas aussi (tomate, pomme de terre, topinambour, fenouil, basilic, chou-fleur… là encore, toute référence au calendrier républicain ne peut-être que fortuite. Bon, je déconne, hein, faut pas charrier. Je vois bien mon perso dire « je viendrai te chercher tomate prochain, mets une belle robe »). Maintenant, le truc, c’est que mon bouquin, justement est : 1. de la SF  2. assez compliqué comme ça  3. une belle déception pour tous les gens qui l’ont lu en pensant que j’avais développé tout un monde, un peu comme Dune.

Mon problème est le suivant : les avis divergent. Certains me disent qu’en effet il serait illogique que les colons aient gardé les noms d’avant, car avec la guerre et tout, on ne peut pas dire que la nostalgie était au rendez-vous et que pour se détacher de cette période sombre, il paraîtrait assez sensé de trouver de nouveaux noms. D’autres me disent (certainement à raison, je suis d’ailleurs assez d’accord) que ce n’est pas utile à l’histoire, et que ça ne sert à rien de compliquer davantage. Je sais, je ne pourrai jamais avoir un truc 100% réaliste ou même logique, mais là, ce truc me pose un problème. Depuis des années. Il m’a fallu 14 ans pour trouver un nom à ma planète (c’est fait !!!), et depuis à peu près 10 ans, j’ai fait mumuse avec des calendriers, des écritures différentes, des conversions pour obtenir l’âge des persos sur différentes planètes qui n’avaient pas le même temps de rotation autour de leur soleil (je ne vous dis qu’une chose : c’est chiant pour l’auteur et incompréhensible pour le lecteur).

Donc voilà, qu’en pensez-vous ? Plutôt 0600 ST (standard time) 04/17/2482, plutôt 17 avril 2482 6h du matin, plutôt 17 Nivôse LXXXII (soyons fous ^^) ? Sachant que si j’invente un calendrier, ça n’aidera pas des masses le lecteur à comprendre le temps qui passe, car qui va lui dire que le mois de la tomate se passe trois mois avant le mois du fenouil ? Et comme je n’ai pas le luxe des extraits de l’autobiographie du Mage Bidule et que je ne me vois pas faire un « attention, voilà la minute science où je prends le lecteur pour un débile et lui montre que j’ai bien fait mon travail de recherche » à la manière d’un écrivain français de SF que nous ne citerons pas, je ne sais pas trop comment m’en sortir… L’ambiance n’est pas trop propice au perso qui va soudain se souvenir que le calendrier de cette planète commence par tel mois, est suivi de tel et tel mois, etc. en plein milieu de l’action.

Conclusion : je fais quoi ?

(et merci d’avoir suivi, il est tard et des fois, le soir, je pète un peu un câble et je fais ma fofolle, ce qui donne des articles de blog un peu… bizarres et allumés)

Le début de la fin !

Ça y est, j’ai passé la barre des 50’000. Depuis hier soir, en fait. Je continue ma progression lente, beaucoup trop lente, vers les 75’000, tout en sachant que j’ai encore un boulot énorme après le 30 novembre pour terminer ce 5ème opus.

Mon roman me fait peur. Pas par sa longueur, non, après tout, ceux qui me connaissent savaient bien que j’allais écrire quelque chose d’énorme. Mais parce qu’avec ce 5ème tome, je boucle le premier cycle. Je ne peux pas en dire trop pour cause de spoiler, mais… Je crois que je vais avoir l’impression que quelqu’un de proche est mort, quand j’écrirai le point final. Au moins pour quelques jours. Pour le moment, j’ai une vague idée de la suite (enfin, non, je connais la suite), et repartir pour un tour me fait peur.

D’un autre côté, impossible d’arrêter. Si je ne me plonge pas directement dedans, je sens que je vais laisser ce roman de côté, repousser tout le temps le moment de commencer, pour finir par abandonner. Et je ne pourrais pas faire ça à mes lecteurs. Mais… un nouveau cycle, de nouveaux personnages, une nouvelle intringue, la perte de mon environnement familier, la séparation d’avec les personnages que je connais par coeur, que j’ai chéri pendant toutes ces années… C’est horrible. Franchement, je ne sais pas comment faire. Ça se trouve, je vais finir avec une dépression post-partum, ça ne m’étonnerait qu’à moitié.

Que faire ? Actuellement, les Enfants de l’Ô, c’est ce qui me permet de tenir (et en même temps, je m’épuise et me ruine la santé à terminer ce 5ème tome). J’ai vraiment peur de ce qui va se passer quand je bouclerai ce fameux 5ème tome, celui que j’aurai mis près d’un an et demi à écrire.

Le travail qui m’attend derrière me rassure en partie. Depuis le tout début, je repousse le moment de faire des fiches, de développer mon monde de manière logique (mais cette fois, l’apparente « incohérence » du monde futuriste qui ressemble à notre XXème siècle a été expliquée. Vieux motard que jamais, comme on dit. Après tout, expliquer à cent pages de la fin, c’est quand même expliquer !). Je sens que mon appartement va se tapisser de grandes frises chronologiques, que mon bureau va croûler sous un énorme plan, dans lequel je vais reprendre point par point CHAQUE scène de l’histoire. Que je vais m’arracher les cheveux en corrigeant le premier tome… Pffff… Drôle de truc, ce roman. Un peu comme un sale gosse qu’on est content de foutre en pension, mais qui nous manquera quand même.

Remise en question, le retour !

Vous vous souvenez de ce post ? Eh bien, je tergiverse, je tergiverse, et… J’en suis arrivée à plusieurs autres conclusions :

  1. le nombre de planètes différentes me dérange, mais j’ai besoin d’avoir au moins TROIS planètes différentes dans l’Alliance Alpha pour que l’histoire fonctionne de manière réaliste. Alpha, Lambda, et… une autre planète dont je tairai le nom.
  2. je préfère recentrer l’action dans un système de planètes rapprochées, du style la Terre, Mars, Vénus. Pourquoi ? Une seule raison : la communication. Si un gus envoie un message à un autre gus sur une autre planète, si le message arrive quatre jours plus tard, c’est moyen. Sans compter que pour passer d’une planète à l’autre, c’est mieux aussi de ne pas mettre trois ans.
  3. donc, pour reprendre le point 2, je veux une communication assez rapide, mais je ne veux pas qu’on puisse faire le trajet « Alpha-Lambda » en quelques heures seulement. J’envisage un trajet assez long, du style « Paris-Auckland ». Pour toutes sortes de raisons, il ne faut pas que ce soit trop simple d’aller sur Alpha. Et soyons lucides, dans le monde que j’ai bâti, ce ne serait pas très logique de mettre 25 heures à faire le trajet « Paris-Auckland ».
  4. l’histoire du « fond de teint » mat pour cacher la pâleur du teint de Line et de Lúka, honnêtement, c’est hyper cheap. Donc ça, je vire. Et bon débarras.
  5. je vais aussi faire un assez gros changement à un niveau de l’histoire, qui n’aura pas vraiment d’incidence sur ce que vous avez déjà lu, mais bon, faut quand même ménager un peu le suspense, donc j’évite d’en parler ici :)

En tout cas, le tome 1 version papier sera différent de la version « roman en ligne » sur pas mal de points. Je me réjouis déjà de me plonger dans les corrections, et dans la réécriture complète du chapitre 1.

Ce roman aura ma peau

Je viens de terminer le chapitre IX-5, et j’ai bien cru que ce chapitre resterait éternellement inachevé, depuis le temps qu’il traînait sur mon ordi. Enfin, j’y ai mis le point final et il est tel que je l’espérais, même si je me suis évidemment laissé emporter par l’action et que mon mini-plan s’en est trouvé mis à mal. Du coup, je finirai ce pan de l’histoire avec le chapitre X-5, ce qui me convient bien aussi, parce que ça fait un chiffre rond.

Ce chapitre s’inscrit directement dans la lignée du chapitre charnière dont je parlais il y a quelques semaines : beaucoup de personnages à gérer, une action pas très présente car tout passe sous forme de sous-entendus et de rapports tendus, d’atmosphère malsaine, etc. J’ai évité le dialogue Line contre Line avec soin, mais je ne m’estime pas sauvée, loin de là…

Bientôt, je vais devoir affronter LE défi de cette cinquième partie : Alpha. Que ce soit sous forme de planète ou de supermégalopole, Alpha est bien plus évoluée technologiquement que Lambda, et je vais devoir me livrer à une activité que je n’aime guère : les descriptions. Je ne veux pas non plus tomber dans le cliché de la ville-technologie, avec ses architectures arrondies, ses voitures volantes, bref, l’an 2000 tel qu’imaginé dans les années soixante (un cookie à celui qui me trouve la référence !). Star Wars l’a fait, le 5ème élément l’a fait, et sans doute plein d’autres auxquels je ne pense pas maintenant, mais si je peux éviter de faire une ville qui ressemble à toutes les villes du futur et à tous les clichés populaires, ce serait pas mal. Cela dit, je vois mal comment procéder, vu qu’objectivement, c’est un peu à ça que ressembleront les villes dans 400 ans, si l’homme est toujours sur cette planète.

Le fait d’avoir décidé de faire d’Alpha une simple capitale sur un autre continent au lieu d’une planète-mère éloignée m’enlève déjà une sacrée épine du pied : je n’aurai pas besoin d’expliquer tout de suite la manière dont ils passent d’une planète à l’autre ^^

En tout cas, je ne pensais pas dire ça un jour, mais je serai drôlement contente lorsque j’aurai bouclé la cinquième partie, parce que ça me permettra d’avoir un regard d’ensemble sur le premier cycle. Peut-être que je prendrai même quelques mois pour écrire un autre roman, qui sait ?

Ecrire une longue saga, c’est difficile, et surtout, ça n’aide pas à se diversifier. Cela dit, heureusement que j’ai les Enfants de l’Ô, parce qu’avec ma maladie, je ne vois pas trop comment je pourrais me lancer dans d’autres écrits. Là, les personnages et l’histoire sont tellement bien définis dans ma tête que j’arrive quand même à avancer un peu, malgré mes problèmes de concentration.

Le seul problème que je vois, c’est que la cinquième partie est d’une grande complexité et j’ai un peu peur de la gâcher en ne parvenant pas à avoir l’esprit suffisamment concentré sur tous les petits trucs auxquels il faut absolument que je pense. Quand je vois que j’ai de la peine à écrire une phrase et que l’estimation de cette 5ème partie tourne autour de 150’000 mots (c’est une estimation par la négative, il est plus que probable que la 5ème partie fasse 200’000 mots), je me dis, waooo, encore un très très long chemin à parcourir pour boucler ce premier cycle !

Allez, on va croiser les doigts pour que je ne meure pas avant.

Grosse remise en question

Vous le savez, les Enfants de l’Ô, c’est un peu mon bébé et ça fait des années que le traîne : je l’abandonne, je le reprends, je l’abandonne de nouveau, j’écris la suite, je l’abandonne, je réécris tout… Bref, c’est un projet de longue haleine.

Or, j’ai remarqué quelques défauts persistants dans ce roman qui viennent clairement de l’attachement que j’ai au projet de base, à savoir le tout premier jet des Enfants de l’Ô, qui date de mes… quatorze ans. Quand on travaille pendant des années sur un roman, on finit par s’habituer si bien à l’ensemble de l’histoire qu’on ne voit plus ses failles.

Récemment, j’ai mis le doigt sur quelque chose qui me gênait depuis le début et que je contournais toujours comme je le pouvais : les planètes. Pour ceux qui ne connaissent pas le roman, il y a une planète-mère, Alpha, qui a réclamé son indépendance voilà environ 200 ans, et qui possède une panoplie des planètes-filles, tous moins habitées les unes que les autres. L’histoire se passe sur une de ces planètes, une des dernières à être colonisée : Lambda.

Pour contrebalancer ce qui s’appelle « l’Alliance Alpha », nous avons « l’Alliance Toria », à savoir la Terre sous sa nouvelle forme gentiment radioactive et à moitié rasée, et ses planètes-filles (moins que pour Alpha, parce que bon, ils ont quand même pas mal morflé pendant et après la guerre d’indépendance et ils n’avaient pas trop la tête à se balader dans l’espace pour ramasser des planètes).

Depuis le début, j’ai beaucoup de mal avec toutes ces planètes, parce que soyons honnêtes : elles ne servent strictement à rien, à part qu’à l’époque, c’était super « in » d’avoir plein de planètes, et surtout, l’histoire se passait dans un futur beaucoup, beaucoup plus lointain (dans une galaxie très très lointaine, blablabla, et non, je n’ai jamais été fan de Star Wars, bien au contraire, je n’aime pas vraiment (à part Harrison Ford, bien sûr, mais je m’écarte du sujet)). J’ai fait évoluer l’histoire, mais j’ai conservé le « setting » initial, à savoir les deux alliances qui se tapent sur la gueule, les planètes-mères, les planètes-filles, et les gens qui se promènent on ne sait trop comment entre les planètes distantes de beaucoup de millions d’années-lumière. Le dernier point était sûrement le plus embêtant, et évidemment, je me gardais bien de donner des explications.

A la suite de la visite du CERN (juste à côté de chez moi) avec le cousin de mon père, un passionné de physique, qui lit les Enfants de l’Ô, et surtout, à la suite de la discussion que nous avons eue à ce sujet, je me suis rendu compte que ça n’allait vraiment pas. En tant que scientifique qui se respecte (je suis biologiste, orientée génétique du développement, et j’ai fait mon master sur la polydactylie, pour la petite anecdote ^^), je déteste quand les choses sont illogiques. Je sais, je sais, il y a énormément de choses illogiques dans les Enfants de l’Ô, mais j’y travaille.

Donc, grosse réflexion sur ce problème de déplacement entre les planètes. Et réflexion plus générale sur les planètes elles-mêmes :

  1. Sont-elles nécessaires à l’histoire ?
  2. Sont-elles inévitables ?
  3. Représentent-elles un aspect particulier de l’histoire que je vais exploiter ?

Ayant répondu un non plus ou moins décidé à ces trois questions, je réfléchis un peu plus loin et fais une autre constatation : depuis le début, cette histoire de planètes me dérange. Et surtout, je n’arrive pas à le gérer. Mon roman se passe sur une planète, mais il pourrait aussi bien se dérouler dans le Pays de Gex ou dans le Canton de Genève. Je n’exploite absolument pas l’aspect « planète », et il me dessert plus qu’il ne me sert. Depuis le début, je parle du système de planètes comme s’il s’agissait d’une sympathique petite union de minuscules pays, avec chacun maximum 200’000 habitants (sauf bien sûr la planète-mère) et la superficie du Luxembourg.

La technologie n’est clairement pas assez évoluée pour supporter des transports ultra-rapides entre lesdites planètes, et quand Alicha se rend sur Alpha pour une série de conférences, on dirait presque qu’elle prend l’avion pour aller à New York.

Il y a un autre point qui m’ennuyait beaucoup : la probabilité de trouver des planètes « habitables » (et je ne parle pas de planètes habitables avec un scaphandre de 50kg et une bouteille d’oxygène mais bien de planètes identiques à la Terre pour ce qui est de la température, de l’atmosphère, de la gravité, de la dimension, de la rotation, etc. etc.) dans l’univers proche est tellement faible qu’elle approche de zéro. Du coup, en avoir tout d’un coup une quinzaine, ça le faisait moyen. Surtout que ce n’est pas tout, mais les gens, il faut les transporter, sur ces planètes, avec des matériaux, de la nourriture, etc. On ne peut pas les parachuter genre « bon, démerdez-vous, on repasse dans 10 ans ».

Je n’ai pas l’intention de laisser tomber entièrement le système de planètes, mais pour l’instant, au stade où en est l’histoire, je pense qu’une seule planète suffit. Alpha est une planète de la taille de la Terre, et n’oublions pas qu’actuellement, il y a encore de nombreux coins non explorés. Moi, si j’étais un colon en train de coloniser une nouvelle planète et que je me battais pour mon indépendance, je n’irais probablement pas me balader dans l’espace pour trouver une autre planète alors que j’ai déjà du mal à peupler un dix-millième de la surface de la mienne. Trois cents ans plus tard, il ne me paraît pas étonnant que la « civilisation » soit centrée autour de la première ville, qui s’est bien développée (genre mégalopole américaine ou asiatique), et qu’une myriade d’autres petites villes voient le jour un peu partout. Certains endroits moins sympathiques restent vierges (qui a envie d’aller se les peler au pôle ou de crever de chaud au milieu du désert ?) et les coins les plus éloignés des grandes métropoles sont moins peuplés également.

Bref, c’est décidé, exit le système planétaire débile façon science-fiction bas de gamme et « j’ai commencé à écrire cette histoire quand j’avais 13 ans », et place à un système plus logique. Evidemment, dans l’histoire publiée en ligne, rien ne change. Je ne veux pas commencer à perturber les lecteurs.

Qu’en pensez-vous ?