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Correction et lutte syndicale

Les correcteurs s’organisent syndicalement sous la houlette du syndicat des correcteurs et tentent de faire valoir leurs droits : le statut de travailleur à domicile (TAD) est précaire, et certaines maisons d’édition ne respectent pas la convention collective de l’édition. Ainsi, elles peuvent à tout moment tarir le flux de livres à corriger et mettre le correcteur sur la touche. Ici un focus sur les éditions Harlequin (source : site Actualitté).

Formacom

La formation de lecteur-correcteur dispensée par Formacom est ouverte à une quarantaine de candidats par promotion, issus de tous horizons. Les deux principales modalités d’accès en sont : le financement, qui s’élève à une forte somme, et un test qui mêle orthographe, grammaire, lecture critique et culture générale. Celui-ci est loin d’être facile : je l’ai préparé pendant six mois, pour ma part.

La formation est issue du syndicat des correcteurs et reconnue dans le monde de la presse et de l’édition. Elle existe depuis 30 ans (ex-Coforma).

Voici le déroulement de l’enseignement sur six mois (780 heures) : le premier mois est consacré à l’apprentissage des bases du code typographique : distribution des capitales, traitement des nombres, emploi de l’italique, des petites capitales, etc. Au quatrième mois est confectionnée une brochure de huit pages : réalisation des coupes, enrichissement typo, iconographie, mise en page sur logiciel X-Press et rédaction de l’éditorial. C’est un temps fort qui permet de mettre en application le fameux code. L’apprentissage des logiciels est sans conteste l’un des avantages de cette formation sur d’autres offres : Word, X-Press, InDesign, Prolexis. Enfin, à l’issue des six mois est organisé un examen pour l’obtention du titre professionnel, enregistré au Répertoire national des certifications professionnelles

Les cours alternent des exercices d’orthotypo avec le grand Jean-Pierre Colignon ; des points difficiles de grammaire ; des exercices de lecture critique ; des modules de correction et des monitorats (par exemple, un correcteur du Monde diplomatique est venu animer quatre séances ; une correctrice spécialisée nous a parlé de la com, etc.). Ils permettent d’acquérir progressivement ce qui fait la pierre d’angle du métier : une méthode de questionnement.

J’ai vraiment aimé être confronté à la singularité de chacun des enseignants : au total une quinzaine d’intervenants et autant de styles, de manières d’envisager la correction et de faire un monde ; une vingtaine d’intervenants toutes matières confondues.

Qu’en est-il du travail dans la « vraie vie » (expression consacrée pendant la formation) ? Formacom suit ses élèves pendant un an, en leur fournissant régulièrement les offres que l’école reçoit. J’ai eu, pour ma part, une première année difficile, avec seulement une expérience en presse. J’ai fondé ma micro-entreprise dernièrement : j’ai eu trois commandes émanant de particuliers, depuis le 15 septembre. À chacun de faire son chemin ! 

voir mon site, consacré à la correction et à la littérature : http://www.lamaisondecorrection.blogspot.com

 

 

Le métier de correcteur – deuxième partie


Table des matières pour Correction

  1. Le métier de correcteur
  2. Le métier de correcteur – deuxième partie
  3. Le métier de correcteur : troisième partie

LE SALAIRE D’UN CORRECTEUR

La correction est payée en fonction de la longueur du texte corrigé, calculée en nombre de signes, une page correspondant selon le Syndicat des correcteurs à 1500 signes.

(* Référence officielle d’une page : format A4 – environ 25 lignes de 60 signes [ponctuation et espaces comprises – hé oui, espace en orthotypographie est du genre féminin] – police de 10 – Verdana – interlignages 1,5 – marges de 3 cm.)
Néanmoins, il est difficile de répondre à une telle question sans connaître la nature exacte du travail. Le travail de correction est tellement varié et complexe, qu’il n’existe pas de « grille de prix ». Le correcteur travaille sur devis.

Par ailleurs, il faut tenir compte aussi du moment auquel on intervient sur le texte. Est-ce une correction en 1re – ce qu’on appelle aussi la préparation de copie, ou en seconde ?
La première étape concerne la relecture de textes dactylographiés voire plus rarement, de manuscrits, la correction grammaticale, les fautes d’orthographe, l’élimination des coquilles qui se glissent malencontreusement dans les textes et la correction de la syntaxe, de style ainsi que des oublis.
Puis viennent les corrections typographiques qui sont des annotations techniques concernant le document à mettre en page destiné au « graphiste exécutif » : choix des polices de caractère (texte, titres…), graisse des caractères, position des titres, corps des caractères, portion de texte en italique, soulignement, indice, nombre et largeurs de colonnes par page, marges à gauche, à droite, justifications (centré à gauche, à droite, au milieu), tabulations, texte en drapeau appuyé à gauche, appuyé à droite, segments de paragraphe, saut de ligne, retour à la ligne, retraits de paragraphes ou de la première ligne de paragraphe, lettrines au départ du texte, espacement des caractères, espacement des lignes (interlignage), etc. Tous ces choix ont déjà été prédéfinis au préalable par votre « employeur », vous n’avez qu’à les appliquer à bon escient au texte brut.
Enfin, la correction en seconde : lors du tirage de l’épreuve avant l’impression finale, le correcteur intervient directement sur les épreuves de composition déjà mises en page. Il repère et localise les dernières fautes, les erreurs, les défauts de mise en page suivant des indications précises. Une nouvelle relecture peut être jugée indispensable, après la prise en compte de vos indications et des retouches d’auteurs : c’est ce qu’on appelle la « révision ». C’est en général, la dernière correction avant le passage en imprimerie. Néanmoins, sur des documents importants (textes officiels, administratifs, de contrats, de règlementations, d’avertissement légal…) et sur les textes de prestigieuses maisons d’édition, une troisième lecture peut être utile et reconduite. Aucune erreur ne doit alors vous échapper.
Il arrive aussi qu’il soit nécessaire qu’un texte, qui n’est pas écrit par un professionnel, soit complètement réécrit, on parle alors de « rewriting » — de réécriture, c’est mieux. Il s’agit dans ce cas de refaçonner l’écrit, de le restructurer pour une meilleure compréhension. Le correcteur doit, dans ce cas précis, faire preuve d’un certain niveau littéraire, car il ne conserve que les idées pour la réécriture finale.
En résumé, et en fonction de la catégorie du travail demandé, les bases de calcul sont les suivantes :
–    en préparation de copie : environ 5 à 7000 signes à l’heure
–    en première lecture de correction de copie : 12 à 15 000 signes
–    en seconde lecture de révision de copie : environ 20 000 signes
–    en troisième lecture : cela varie fortement, il s’agit de textes importants et un travail qualitatif de correction s’impose.

Tous ces critères entrent donc en ligne de compte pour établir un devis. Au vu de tous ces éléments, il convient alors de déterminer si vous souhaitez être payé au signe (entre 1,80 et 2,50, les 1500 signes) ou à l’heure. Dans ce dernier cas, c’est votre rythme de travail qui déterminera la tarification (on peut compter autour de 14 à 20 € de l’heure, plus s’il s’agit de réécriture). D’autres, par contre, préfèrent se faire payer au mot.

Est-il donc encore nécessaire de le rappeler ? Être correcteur est véritablement un vrai métier. On ne peut pas s’improviser correcteur du jour au lendemain, sauf à rendre service à une amie de temps en temps. Par ailleurs, pour exercer cette activité, il faut impérativement être méticuleux, vif, concentré sur les textes à lire et posséder un œil aiguisé pour ne rien laisser passer, avoir un goût certain pour la lecture voire un amour pour la langue française et ses subtilités, être patient, et bien entendu avoir une maîtrise dans les moindres détails du code orthotypographique.